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LES EMOTIFS ANONYMES

Une histoire douce et sucrée

Aujourd'hui, c'est un grand jour pour Angélique, chocolatière et, accessoirement, grande timide émotive. Elle doit passer un entretien dans une petite fabrique de chocolats tenue par Jean-René, qui s'avère être lui aussi un grand émotif...

Le dernier film de notre cinéaste lyonnais est tendre et sans une pointe d'amertume. On peut affirmer qu'il fait partie de ce cinéma français, cultivé aussi par un autre Jean Pierre (Jeunet) où le désuet apporte une charmante dimension intemporelle et la romance, sa bonne dose de bons sentiments. La photographie, les décors et costumes sont ainsi soigneusement travaillés pour nous plonger dans cette atmosphère rassurante rappelant la France des années 60/70.

Sur un parfum de chocolat allant de paire avec les fêtes qui approchent, Améris nous conte cette petite romance entre deux timides, capables de s'évanouir ou même de ruisseler de transpiration dès que leurs regards amoureux se croisent. Les quelques situations cocasses disséminées à doses régulières sont assez savoureuses, pour peu que l'on se prenne au jeu de cette petite histoire d'amour gentillette. Toujours d'une justesse étonnante, Isabelle Carré parvient à être à la fois touchante de maladresse et de timidité. Poelvoorde est quant à lui impeccable, dans un rôle à contre-courant. Revêtant habituellement la peau de personnages haut en couleurs et plutôt enhardis, Améris lui offre ici la possibilité de faire ressortir un côté sensible et anxieux, qui est assez rare à observer dans les compositions de l'acteur. Il s'en sort fort heureusement bien et le propos du film est suffisamment léger pour que l'interprétation soit l'une des clés de réussite du film.

Malgré un aspect un peu lisse qui déplaira forcément aux spectateurs détestant les minauderies, il faut reconnaître qu'Améris signe ici une comédie sur une population sous-représentée au cinéma. De plus, l'idée d'associer cette histoire d'anxieux au travail de chocolatier est redoutable d'efficacité et achève de boucler la boucle. Un petit chocolat que l'on laissera fondre sur le palais le temps d'une heure et demie.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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