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L'EFFET PAPILLON

L'effet palpitation

Evan est sujet à des pertes de mémoire depuis l'enfance. Un jour il découvre que son handicap cache le don de pouvoir changer son passé, ce qui entraîne irréversiblement des modifications de son présent…

En sachant qu'il a fallu six années aux scénaristes de Destination Finale 2 pour élaborer ce scénario, on l'aurait espéré plus minutieux et moins enclin à l'illogisme ; mais après tout la logique a-t-elle sa place quand il est question du cerveau humain et de cinéma ? Dès les premières images, pas de doute : ce film est bien américain. Dans un hall, des lampes de poche balaient l'obscurité, histoire de bien se mettre dans l'ambiance. Sans parler du pauvre Evan qui gardera la même coupe de cheveux toute sa vie au cas où on le confondrait avec Kelly, la belle blonde, Tommy, le petit blond ou Lenny, le gros rouquin.

Néanmoins, la tension et le rythme émergeants de ce film arrivent à nous faire passer outre ces petits agacements. Tel un puzzle, le monde d'Evan se construit et se reconstruit, semble-t-il à l'infini, devant nos yeux. Le pathétisme de ce garçon nous fait rire et nous émeut au point de nous renvoyer à notre propre personne. On ressent alors une angoisse indescriptible. Ce film fantastique est le fantasme de notre quotidien. Il nous tient en haleine jusqu'à la fin. Impossible de décrocher tant que la boucle n'est pas bouclée. En sortant de la salle on calcule chacun de ses mouvements par peur des répercussions. Si un battement d'ailes de papillon au nord de l'Australie peut provoquer des raz de marée au sud du Canada, un film conçu aux Etats-Unis peut encore produire des palpitations dans une salle de cinéma lyonnaise.

Aïcha ZEnvoyer un message au rédacteur

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