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EDDIE THE EAGLE

Un film de Dexter Fletcher

Sympathique ode à la persévérance

Eddie n'a jamais cessé de saouler ses parents avec son désir de devenir champion olympique. Déjà en 1973, alors qu'il n'était qu'un gamin ayant des problèmes moteurs, il rêvait d'être un coureur. Puis, faisant une fixette sur les Jeux olympiques d'hiver, il se met au ski sur gazon. Mais en 1987 le comité olympique décide de l'écarter, considérant qu'il n'est pas un athlète. Il file alors du côté de l'Allemagne, pour s'entraîner au saut à ski, espérant se qualifier de fait, puisqu'il n'existait pas jusqu'alors d'équipe britannique dans cette discipline...

En cette année olympique, il était forcément de bon ton d'adapter sur grand écran l'incroyable histoire de Michael Edwards, garçon obstiné plus que doué, qui réussit de manière improbable à participer aux JO d'hiver de Calgary en 1988. Bien sûr, ce type de récit n'est pas sans rappeler la base qui servit au succès surprise « Rasta Rockett » en 1994 (film consacré aux exploits de l'équipe jamaïcaine de bobsleigh... aux jeux de Calgary également), et il coïncide de plus à quelques semaines près à la sortie chez nous de « Good Luck Algeria » qui narre la préparation d'un Algérien pour les épreuves de ski de fond.

L'angle adopté ici par Dexter Fletcher est celui de la poursuite d'objectifs de plus en plus élevés, provoquant ainsi un suspense évident, lié à la réussite ou non face de sauts depuis des tremplins de 15, 40 puis 70m, voire même 90m. A l'enjeu sportif (les positions sont expliquées de manière assez pédagogiques lors d'une belle scène de saut de nuit, imaginaire, aux transitions très réussies), au pari humain (les risques physiques ne sont pas éludés, les chutes étant cependant à moitié dédramatisées pour beaucoup par les moqueries des autres compétiteurs), s'ajoute aussi le parcours psychologique d'un personnage perdu dans ses obsessions et ses quasi tocs, et face à un mur constitué de ses méprisants rivaux, d'un comité anglais plus que retord et d'un entraîneur au passé sur lequel le mystère est savamment entretenu.

Le jeune Taron Egerton, découvert dans « Kingsman : service secret » est méconnaissable dans le rôle principal, et s'il semble en faire des tonnes au début, s'avère au final d'une rare efficacité pour mieux cerner ce personnages au contact humain difficile, en manque de reconnaissance permanent. Les aller-retour avec la perception lointaine des parents, situés un peu comme le spectateur, entre scepticisme et envie d'encourager cet anti-héros, apportent la juste distance qu'il faut. Quant à l'apparition de Christopher Walken, elle apporte une soudaine et inattendue émotion. En route donc pour ce sympathique feel-good movie en forme d'ode à l'esprit olympique et à la persévérance, que certains trouveront peut-être un rien trop baigné dans une musique synthé façon eighties (on a même droit à un morceau de FGTH), mais qui dispose de nombreux points de vue en tous cas spectaculaires.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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