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DONNE-MOI TA MAIN

Un film de Anand Tucker

Clichés dégradants et histoire d’amour en carton-pâte non crédible

Anna est une jeune femme au parcours professionnel sans faille en tant que décoratrice d’intérieur, vivant avec Jeremy une histoire d’amour depuis 4 ans. Une seule chose lui manque pour être une femme accomplie : se marier ! Son petit copain ne semblant pas décider à franchir le pas, elle décide de traverser l’Atlantique où il est en déplacement d’affaires, pour lui demander sa main...

Il ne faudrait pas croire qu’une comédie romantique soit un exercice facile ! Et voilà encore un réalisateur qui en subit l’écueil ! Partant d’une idée assez originale de tradition irlandaise, qui dit que les femmes peuvent demander en mariage leur compagnon tous les 29 février, on s'apprétait plutôt prêt à bien rigoler… Mais le film va s’enliser dans la tourbe.

Petit à petit, les clichés dégradants sur les irlandais vont s’enchaîner : entre paysages de vallons et lacs, murs de pierre, accents incompréhensibles, châteaux en ruine, routes non goudronnées, vieux qui portent des casquettes en tweed et qui vont se saouler au pub, pluie incessante… Elle est belle l’Irlande vu par les américains (cela dit, on évite tout de même les roux et les moutons) !

Mais ce n’est pas en Irlande que le périple de notre jeune américaine en talons hauts et valise Vuitton va commencer, mais au Pays de Galles, où son avion a dû atterrir en urgence à cause du mauvais temps (le salaud). Là va commencer son road trip catastrophe. Ne se débinant pas, elle va prendre un bateau de pêche miteux, sur une mer démontée, pour être sûre d’arriver à temps en Irlande. Une fois débarquée sur une plage déserte (et non dans un port, ça aurait été trop logique), elle pense pouvoir trouver un taxi, mais se retrouve obligée de demander au tenant du seul pub des alentours de l’emmener à destination dans sa 4L ! On s’en doute, le parcours jusqu’au bonheur est semé d’embûches, toutes aussi ridicules et improbables les unes que les autres…

L’amour de la belle rouquine pour son américain au sourire ultra brite résistera-t-il au parfum d’embrun du caban que porte le bel irlandais ténébreux aux yeux clairs ? Solitaire contre bague de Claddagh (même bague qu’Angel offrira à Buffy, dans "Buffy contre les vampires") ? Est-ce qu’une demande en mariage au bord d’une falaise au coucher du soleil, après un seul baiser de tout le film saura faire flancher la material girl ? Peu importe, tant que l’on nous libère de cette atroce vision qui nous est proposée.

Un petit conseil : Mesdames, si votre mec ne vous demande pas en mariage, pas besoin de faire des kilomètres, soit il n’en vaut pas la peine, soit vous pouvez vous poser la question : est ce que le mariage est une condition essentielle à votre amour. En tout cas, n’attendez pas les années bissextiles pour le savoir, comme cette tarte d’Anna !

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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