DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS

Un film de Sam Raimi

Strange Multivers

America Chavez est une jeune fille qui a la faculté de pouvoir voyager d’univers en univers au sein du multivers. Alors qu’elle est poursuivie par une entité qui souhaite lui dérober ses pouvoirs, elle se retrouve dans la réalité du Dr Strange. Ce dernier décide de la protéger, secondé par Wong. Toutefois, il souhaite chercher du renfort auprès de Wanda Maximoff. Cependant, il est loin de se douter de ce qui l’attend…

Doctor Strange in the Multiverse of Madness film movie

"Doctor Strange in the Multiverse of Madness" continue d'exploiter le multivers Marvel qui est devenu la pierre angulaire de cette 4ème phase du MCU. Ce multivers permet notamment à Marvel d'user et abuser de possibilités scénaristiques infinies afin de faire du fan service à coups de retours de super-héros ou vilains iconiques avec un rafraîchissement pour certains (ce qui est le cas ici avec les Illuminati), ou le teasing de nouveaux venus.

Le long métrage est l'un des premiers du MCU à établir de réelles connexions avec les séries Marvel disponibles sur le plate-forme Disney+ (pour le cas présent la série "Wandavision" et deux épisodes de la série "What If...?"). Même si la méconnaissance de ces séries n'entame en rien la compréhension des enjeux du long-métrage, il empêche de pouvoir saisir complètement certains aspects du scénario, notamment celui des enfants de Wanda. Et c'est peut-être l'un des risques de cette stratégie de Marvel Studio et de Disney : à vouloir imbriquer long-métrage et série, il y a des risques de laisser certains spectateurs sur le bas-côté.

Si le scénario est intéressant dans ce qu'il propose du développement des personnages de Wanda et du Dr Strange à travers la question du bonheur chez le super-héros (un super-héros peut-il être comblé ?),  on pourra en revanche toujours reprocher certaines facilités (par exemple, la jeune America Chavez réussit à tout à coup à contrôler ses pouvoirs parce qu'on lui dit d'avoir confiance en elle...), et avoir l'impression que le cahier des charges Marvel devient plus un poids qu'un espace de liberté scénaristique. Ainsi on voit poindre certains effets d'un cinéma d'horreur mais ceux-ci sont aseptisés par l'obligation « grand public » du long-métrage. Il en va de même pour la mise en scène : on retrouve la touche de Sam Raimi, mais on ne peut s'empêcher de sentir le réalisateur quelque peu bridé par les obligations du cahier des charges Marvel. Néanmoins, il est difficile de bouder notre plaisir devant certaines scènes qui parviennent à sortir du lot, notamment celles qui voient Wanda affronter les Illuminati.

Côté casting, Elizabeth Olsen donne une vraie ampleur à son personnage de la Sorcière Rouge et éclipsela quasi intégralité du casting à l'exception d'un Benedict Cumberbacht qui continue d'imposer son style et son charisme dans son interprétation du Dr Strange. Enfin, toujours côté casting, qui dit Sam Raimi dit Bruce Campbell qui vient faire son petit caméo habituel.

Ce second opus des aventures en solitaire du Dr Strange n'est ni le meilleur, ni le pire de ce qu'a pu produire le MCU et n'est pas le meilleur film de super-héros de Sam Raimi (revisionnez ses deux premiers "Spider-Man" pour en avoir le cœur net). Il demeure un honnête divertissement qui aurait pu être un véritable rollercoaster horrifique sans ce cahier des charges Marvel qui ne cesse de brider chaque production dans une volonté de cohérence et d’attraction d’un large public.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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