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DISPARUE EN HIVER

Le début est bon, la suite… Beaucoup moins !

Daniel ne s’est jamais remis de la mort de sa fille. Son ex-femme a fait son deuil, mais lui ne fait que survivre. Ancien flic reconverti en recouvreur de dettes, il effectue ce job sans émotion. Mais lorsqu’il se rend chez une vielle dame inquiète de la disparition de sa petite-fille, ses instincts policiers refont surface, et il décide d’enquêter. D’autant plus que cette jeune fille, il l’a rencontrée deux jours auparavant, lorsque celle-ci lui a proposé des services particuliers…

On le sait Kad Merad aime bien aller de temps en temps voir ce qui passe du côté des drames. Et souvent, le comédien y fait des merveilles, ce qui est encore le cas avec ce film noir. Dans « Disparue en hiver », il est Daniel, un homme taiseux dont le cœur a été brisé par la mort de sa fille. Inconsolable, il s’est séparé de sa femme, a rendu son badge de policier pour se reconvertir en recouvreur de dettes, et traverse désormais sa vie comme un zombie, ne ressentant plus aucune émotion. Entre drame psychologique et thriller, « Disparue en Hiver » autopsie la relation d’un couple détruit par les malheurs de la vie, tout en proposant un polar dans la plus pure tradition.

Car un jour, Daniel va se retrouver à enquêter à nouveau, pour aider une vielle dame dont la petite-fille a disparu. Happé et broyé par cette histoire au fort écho personnel, il avance sur une corde raide, en permanence à la limite de la chute voire de l’explosion. Dans ce film terriblement sombre, où les paysages brumeux et enneigés noient les personnages dans leurs épais nuages de désespoir, rien ne semble pouvoir apporter une quelconque lueur. Si la partie intimiste du métrage est relativement réussie, l’intrigue policière est quant à elle complètement bâclée, bien trop banalisée et sans aucune surprise.

Accumulant les caricatures et les longueurs, le polar cherche à s’inscrire à tout prix dans la veine de ses prédécesseurs, usant d’artifices désuets. Et finalement, le destin de cette Laura disparue ne suscite que peu d’intérêt. Austère et sans personnalité, la mise-en-scène a toutefois le mérite d’être efficace, en ce sens qu’elle accompagne parfaitement la prestation des comédiens. Et c’est justement lorsque la caméra se focalise sur ses personnages que le film trouve le bon rythme. Car dès lors que le drame se contente d’être un thriller, l’enquête redondante annihile complètement la puissance émotionnelle de l’ensemble. Trop prévisible pour être un bon polar, pas assez écrit pour être un bon drame, « Disparue en Hiver » est une œuvre hybride dont chaque pendant est tiré par le bas à cause de l’absence de maîtrise de la part du réalisateur.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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