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DESPUÉS DE LUCIA

Un film de Michel Franco

Drôles de jeux

Alejandra et son père Roberto viennent juste d'emménager dans une nouvelle ville. Elle, a une nouvelle école et lui, un nouveau boulot, tous deux impliquant des difficultés liées au changement. Lors d'une soirée avec des camarades de classe, Alejandra couche avec l'un d'eux, qui ayant filmé la scène, va la diffuser dans tout le lycée...

À la fois fortement acclamé et (légèrement) hué lors de sa présentation à Un Certain Regard lors du 65ème festival de Cannes, le film du jeune réalisateur mexicain Michel Franco a de quoi animer de nombreux débats. Sujet difficile et images fortes en sont la recette, mais lorsque l'on aborde un sujet comme le harcèlement moral et physique en milieu scolaire ainsi que ses conséquences, on ne peut pas y aller avec le dos de la cuillère. Un parti pris qui a d'ailleurs valu au film le Prix Un certain regard 2012.

Michel Franco arrive avec "Después de Lucia" à une sorte de croisement entre la violence froide et objective dans quelques scènes fulgurantes, de l'ordre de celle qu'obtenait Michael Haneke dans ses "Funny Games" et un constat social sur une partie de la société mexicaine. Une sorte de "Larryclarkxploitation" sur la classe moyenne mexicaine que n'aurait pas reniée le réalisateur de "Kids" et "Bully". En matière de témoignage, Michel Franco arrive à parfaitement maîtriser sa réalisation. La caméra, toujours fixe, n'est jamais immersive, elle est uniquement là en temps que témoin cherchant à dépeindre au travers de ces différents tableaux, ce qui peut se passer dans le cadre d'une jeunesse universelle (mais plus particulièrement mexicaine dans certains aspects, notamment judiciaires : les mineurs ne pouvant pas être interrogés par la police) de nos jours.

Après que la jeune Alejandra ait couché avec un garçon de sa classe, le spectateur, reste le témoin passif de toutes les humiliations qu'elle va subir de la part de ses camarades, pour lesquels ceci n'a l'air d'être qu'un jeu. Et c'est un sentiment d'impuissance partagé avec les personnages victimes (Alejandra, mais également d'une certaine façon, son père) qui va dominer tout le long du métrage. C'est ce sentiment terrible d'impuissance face à une situation horrible que Michel Franco va avec brio arriver à transmettre.

"Que ferions nous dans ce genre de situation ?" C'est la question à laquelle "Después de Lucia" va répondre dans ce genre de situation. Une réponse certes radicale, mais qui ne laissera aucun spectateur indifférent.

François ReyEnvoyer un message au rédacteur

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