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DES LENDEMAINS QUI CHANTENT

Un film de Nicolas Castro

Savoureux retour dans les années 80 et 90 entre bonheur et désenchantement

21 avril 2002, premier tour de l’élection présidentielle en France. Léon n’arrive pas à se décider dans l’isoloir. Il se souvient alors de 1981, quand il était militant PS à Saint-Étienne, et de la victoire de François Mitterand représentant alors tant pour toute une classe sociale…

Pour Léon, l’élection de François Mitterand en 1981, c’était la victoire de la classe ouvrière et la rencontre avec la femme de sa vie, Noémie ! Pio Marmaï incarne ce jeune plein d’idéaux qui va traverser les décennies comme journaliste, avec son frère, un communiquant ambitieux (convaincant Gaspard Proust), son meilleur ami qui surfe sur les occasions pour faire de l’argent dans le milieu du porno (excellent Ramzy Bedia) et avec celle qui deviendra également la copine de son frère des années après qu’elle l’ait quitté sur un quai de gare au bout de trois jours d’amour fou (talentueuse Lætitia Casta, dont le jeu se bonifie avec le temps).

Mais celui qui se taille la part du lion, c’est Pio Marmaï, que le cinéma français ne semble plus pouvoir se passer. Après ses prestations brillantes chez Rémi Bezançon ("Le Premier jour du reste de ta vie" en tête), dans "Alyah" ou "Les Nuits avec Théodore", 2014 l’a vu jouer dans pas moins de quatre films dont le récent "Maestro". Pio Marmaï est irrésistible, qu’il sorte nu comme un ver, les fesses à l’air, de sa 4L après une nuit qu’on imagine torride avec Lætitia Casta, ou interviewant les politiques pour une émission complètement décalée où il cherche à connaître ce qu’ils ont toujours caché au grand public… côté vie privée !

Car "Des lendemains qui chantent" du débutant – mais plein de promesses – Nicolas Castro utilise avec habileté les images d’archives de l’INA pour se moquer gentiment de ceux qui ont osé dire les pires énormités face caméra, de Bernard Tapie à François Mitterand en passant par Bernard-Henri Lévy et Jack Lang. Ah ! L’époque de "Ciel mon mardi !" et du "Collaro Show", que de souvenirs pour plusieurs générations ! D’un côté, le réalisateur ressort des cartons des standards des années 80 et 90 dans de savoureuses parodies (slogans de campagnes politiques, publicités célèbres, émissions télé aujourd’hui disparues, produits ou marques phares), de l’autre il rappelle comment la politique joue avec les électeurs depuis des décennies et pas seulement depuis les années Sarkozy !

Un regard désabusé sur le monde politico-médiatique (la gauche en prend un sacré coup mais la presse, dont Libération, n’est pas épargnée !) qui laisse un goût amer, tant on semble répéter à l’infini les erreurs du passé… Nicolas Castro alterne avec talent la comédie pure et les scènes d’émotion plus graves, aidé par une belle bande originale de film qui donne le ton et la pêche. Entre bonheur et désenchantement.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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