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LA DERNIERE FOIS QUE J'AI VU MACAO

Y-a-t-il un acteur dans l'avion ?

Un homme est subitement obligé de revenir à Macao, après 30 années passées éloignées de la ville. Après le message d’une vieille amie, celui-ci revient sur les terres de son enfance, qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’il avait connu…

Débutant par une scène musicale rappelant mystérieusement l’un des précédents long-métrages de Joao Pedro Rodrigues, "Mourir comme un homme", le film va rapidement partir vers une direction totalement différente. Nouvelle collaboration entre Rodrigues et Guerra da Mata, tous les deux derrière la caméra cette fois, "La Dernière fois que j’ai vu Macao" présente une structure narrative des plus originales, puisqu’aucun acteur n’est présent à l’écran. A l’origine, les deux cinéastes devaient réaliser un documentaire sur Macao, mais sans idée précise, ils se sont mis à accumuler les images de la ville. Et progressivement, le métrage a pris une toute autre tournure, les deux hommes décidant de développer une histoire fantastique sur fond de secte et de prophétie.

Montrant, généralement en plans fixes, des rues désertes, des monuments, des masses informes, toute l’action se joue au niveau des voix-off, celles-ci ayant la lourde tâche de faire évoluer l’intrigue. Un décalage saisissant se produit alors entre l’image et le matériel sonore, donnant l’impression que les dialogues proviennent d’un autre métrage. Et soyons clairs, si l’objet est intrigant et énigmatique, il est également profondément barbant. Car oui, raconter une scène d’action par un plan fixe sur un mur, ce n’est pas évident…Les commentaires lyriques et poétiques finissent ainsi rapidement par agacer. Cet exercice de style consistant à mêler documentaire et univers surnaturel, notamment par le décalage entre l’image et le son, est certes un véritable défi, mais on peut se demander s’il était vraiment réalisable.

Au fur et à mesure que les images défilent, le scénario s’embourbe dans des rebondissements alambiqués plus ridicules que complexes, dans des situations sonores abracadabrantesques, où un transsexuel se retrouve dangereusement poursuivi, un caïd surnommé « Dragon » faisant régner la terreur dans les rues de Macao, le tout accompagné d’une mystérieuse affaire de réincarnation. Si ce long-métrage demeure définitivement inclassable, il est très difficile de ressentir une quelconque émotion face à ce dernier, la mise en scène austère et le parti-pris assumé éloignant considérablement le spectateur. À trop vouloir styliser leur œuvre, les réalisateurs ont oublié de nous inviter à ce voyage initiatique, mais nous offre, au moins, un nouveau moyen de trouver le sommeil…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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