Parce qu'on en a jamais assez !

DÉBARQUEMENT IMMÉDIAT !

Oh oui, s’il vous plait, débarquez-moi !

José Fernandez est à deux doigts d’aboutir à une nomination tant espérée au sein de la BRB. Mais pour ce policier aux états de service remarquables, il ne lui reste plus qu’une mission à accomplir pour atteindre ce nouveau poste : convoyer un prisonnier expulsé du territoire jusqu’en Afghanistan. Double problème : le vol ne se passe pas comme prévu, et le prisonnier en question est un véritable casse-pieds !...

Mesdames et messieurs, bienvenue sur Chauveron Airlines, vol 666 en départ de Paris et à destination de Kaboul, avec escales successives à La Valette et Lampedusa. En raison d’un problème de compréhension du personnel et des scénaristes, nous vous rappelons que les masques à oxygène ou à gaz hilarant ne seront pas disponibles durant le voyage. Nous vous rappelons également que les issues de secours se trouvent à l’avant et à l’arrière de la salle de cinéma. Tout le personnel d’UGC et de TF1 Films Production vous souhaitent un agréable moment en notre compagnie !... Malgré cet avertissement que l’on a l’impression d’entendre dans notre tête dès la (calamiteuse) scène d’ouverture, il ne faudra pas plus de cinq minutes au nouveau crash-test de Philippe de Chauveron pour plonger la salle entière dans une léthargie totale. Après le succès du nauséabond "Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?", le bonhomme ne s’est pas foulé la cheville pour réitérer une formule supposément imparable : deux acteurs issus du précédent succès (Sadoun et Abittan dans de piètres rôles), un pitch prévisible à 350% et des gags roussis que l’on a laissé un peu trop cuire au soleil.

N’hésitons pas à spoiler le pitch de départ : un flic s’est donc embrouillé avec sa femme qui a cru à une histoire d’adultère, et il doit voyager avec un prisonnier qui l’énerve au plus haut point. N’hésitons pas non plus à spoiler ce qu’il va forcément impliquer : malgré des péripéties et des engueulades à gogo, le prisonnier sera finalement sympa et aidera le flic à se réconcilier avec sa femme et son gosse. Deviner de A à Z ce genre de narration faisandée avant même que celle-ci n’ait réellement démarré est moins signe d’un manque d’idées que d’un foutage de gueule pur et simple. Le rire franc et inspiré n’étant visiblement pas l’apanage de Philippe de Chauveron (du délire sous ecstasy dans un bar aux mœurs légères aux épouvantables plans drague de Cyril Lecomte, rien n’est drôle), on se tourne les pouces pendant 1h30, ne sachant jamais comment réagir ni comment accélérer le temps. Sortir de la salle quand tombe le générique de fin équivaut ici à une dépressurisation.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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