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DE VRAIS MENSONGES

Un film de Pierre Salvadori

Faux semblants, vraie réussite

Jean est amoureux d’Emilie, sa patronne, propriétaire d’un salon de coiffure où il fait quelques travaux d’appoint. Un jour, il lui adresse une lettre enflammée et romantique mais qui ne trouvera pas l’issue espérée, finissant dans la corbeille à papier… Mais plus tard Emilie recopiera cette lettre pour faire croire à sa mère, Maddy, qu’un mystérieux inconnu l’aime en secret… Celle-ci, abandonnée par son mari, retrouve goût à la vie et attend impatiemment d’autres nouvelles de son sombre inconnu… Emilie décide donc de prendre la plume et de réécrire une lettre d’amour. C’est là que les ennuis commencent...

Pour les comédies intelligentes, on peut encore faire confiance à un réalisateur français : Pierre Salvadori. Avec Benoît Graffin, son co-scénariste, le réalisateur de « Les Apprentis » et « … Comme elle respire » réussit le tour de force d’inventer deux histoires d’amour en une, où comme son titre l’indique, les faux semblants sont trompeurs, les victimes sont coupables, les mensonges sont des vérités qu’on veut cacher alors qu’elles étaient faites pour être révélées… Entre malentendus et quiproquos, on attend l’invraisemblable, mais le faux pas n’arrive jamais. Au contraire, « De vrais mensonges » évite tous les pièges et s’en tire avec un final éblouissant… Rien que pour ça, le plaisir est déjà immense !

Ajoutez au style brillant de l’écriture, la manière de la mettre en scène et vous obtenez une comédie fraîche, ensoleillée, joyeuse, se permettant même des clins d’œil d’amoureux au cinéma de Lubitsch et au cinéma tout court… Salvadori est au top de sa forme. Sa verve, sa dynamique et son inspiration transpirent jusque dans ses dialogues, sa réalisation et dans l’interprétation de ses comédiens.

Son casting quatre étoiles est tout entier voué au comique de situation et aux situations comiques. Leur crédibilité est d’autant plus renforcée que ses interprètes portent une histoire vraisemblable de bout en bout. Les trois personnages principaux épousent les dialogues avec une aisance confondante. Audrey Tautou retrouve Pierre Salvadori après « Hors de prix ». Elle joue dans « De vrais mensonges » une anti Amélie Poulain, voulant faire le bien autour d’elle, mais en s’y prenant comme un manche ! De son côté, Nathalie Baye joue la cyclothymique. Elle resplendit quand l’amour la berce et décrépit quand il la délaisse. Sami Bouajila, au milieu de cette gente féminine bien agitée, apaise par sa douceur mais bouillonne de voir la situation lui échapper de plus en plus…

L’histoire emprunte des chemins souvent inattendus et offre à ses comédiens des sautes d’humeur et des envolées lyriques : un régal pour n’importe quel acteur que de passer du doux agneau à la furieuse jument… « De vrais mensonges », c’est donc cette complexité, cette violence des sentiments qui nous caractérisent et qui se retrouve dans l’acte d’aimer, dans l’amour et le désamour passionnels, l’amour et le désamour familiaux. On est vraiment loin d’en avoir fait le tour…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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