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DE PLUS BELLE

Un film de Anne-Gaëlle Daval

Une jolie histoire de femmes qui ne tombe jamais dans l’humour gras et le pathos des longs sanglots

Lyon, de nos jours. Lucie sort d’une période difficile d’hospitalisation dû à un cancer du sein. Femme au foyer sans envie, se trouvant tous les défauts physiques de la terre, elle ne se fait guère d’illusion sur son avenir sentimental. C’est alors qu’elle va faire une double rencontre : celle d’une femme qui va l’aider à mieux accepter son corps et celle d’un homme dont elle va tomber amoureuse…

Comment ne pas être plus universaliste qu’avec un pitch autour de l’acceptation de son corps, l’acceptation du regard de l’autre, l’acceptation de son être ? Et même si le personnage principal du film est une femme, "De plus belle" parlera de la même manière aux hommes. Florence Foresti campe une Lyonnaise sortie d’un cancer et qui ne supporte plus son nez, sa gueule fatiguée et surtout sa perruque. Alors quand elle fait la connaissance d’un homme qui s’intéresse un tant soi peu à elle, rien ne l’arrête dans le mensonge, l’aveuglement, le renoncement et le « il est trop bien pour moi » ! Sauf qu’en l’occurrence, elle est tombée sur un Mathieu Kassovitz assez têtu qui ne va pas la lâcher. Va-t-elle succomber ? Pour l’aider, elle fait une deuxième rencontre déterminante, celle d’une perruquière, Nicole Garcia, qui rappelle fortement la prof de danse de "Billy Elliot" avec son caractère bien trempé ! Elle embrigadera Foresti dans le montage d’un spectacle inattendu d’effeuillage !

Voici donc les bases scénaristiques d’un joli petit film français qui saura séduire par le charme et l’empathie éprouvée pour ses comédien-nes et par l’histoire touchante mêlant intelligemment amour et maladie, sans jamais tomber dans l’humour gras et le pathos des longs sanglots. La mise en scène n’a rien de révolutionnaire, le script ne joue pas sur les surprises ou les excès de philosophie, mais la fantaisie des personnages et cette simplicité assumée fait du premier long métrage d’Anne-Gaëlle Daval une petite douceur dont on se délecte avec plaisir. Il aurait été décevant de tomber sur une friandise trop lourde à digérer. Ici, au contraire, c’est frais et léger. Au placard les gros sabots. Même la direction d’acteurs fait dans l’aisance. Foresti réussit à mettre au vestiaire son personnage de stand up qui lui colle souvent trop au cinéma. Kassovitz n’en fait pas des caisses dans la séduction et l’homme fatal. Et Nicole Garcia est vraiment épatante dans le rôle de la prof de danse, particulièrement bien écrit et doté de dialogues aux petits oignons. Alors oui, le film vous fera certainement verser une petite larme, mais avec les petits oignons, comment faire autrement ?!

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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