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LA DAME EN NOIR 2

Un film de Tom Harper

De pire en pire

Eve, une jeune enseignante londonienne, part se mettre à l’abri dans la campagne anglaise avec la directrice de son école et huit des enfants dont elle s’occupe pour échapper aux bombardements allemands de ce début de Seconde Guerre Mondiale. Ils s’installent dans une vieille maison perdue au milieu des marais côtiers. Mais très vite une présence maléfique se fait sentir et transforme le séjour en véritable cauchemar…

Le premier épisode était un film d’horreur honorable, cependant loin d’être exceptionnel. Même s’il s’agissait du premier film de Daniel Radcliffe après le dernier Harry Potter, la touche Poudlard ne se faisait pas trop ressentir. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, le deuxième opus réussit, sans faire appel à l’acteur anglais, à tomber dans ce travers. Des enfants sur un quai de gare style années 40 s’apprêtant à partir pour une sorte de pensionnat, la ressemblance est frappante. Et très vite, un malaise s’installe. Un malaise bel et bien dû au long-métrage mais très loin de celui que devait rechercher Harper. Car à mesure que le film progresse, il amasse les clichés du film d’horreur, s’enfonçant inexorablement dans le déjà-vu et le prévisible.

On a droit au rocking-chair qui se balance tout seul en faisant un bruit « terrifiant » dans toute la maison, il y a aussi la poupée terrifiante, l’enfant timide et réservé qui communique avec l’esprit, la panne de bus et j’en passe. Enfin bref, mis à part les jump scares rien ne vient nous surprendre. Quand je dis que les jump scares sont surprenants je veux dire qu’ils font sursauter, et c’est bien là, la seule peur qu’ils réussissent à susciter. Ils ne fonctionnent qu’à grand renfort d’effets sonores et ne font que souligner l’absence d’ambiance de cette première partie de film.

Ici la maison est vieille, sombre et craque de partout comme n’importe quelle autre maison de film d’horreur. Les pièces verrouillées s’ouvrent comme par magie laissant apparaître une pléthore d’objets comme des poupées ou des boîtes à musique, vus et revus dans d’innombrables productions du genre. En fait, « La Dame en Noir 2 » est une sorte d’énorme patchwork d’effets, d’éléments de scénario, de personnages et de situations déjà bien trop usités, ce qui rend son visionnage réellement laborieux.

Si le film n’écope pas d’une note de -3 c’est uniquement car la dernière demi-heure, même si elle n’est pas vraiment originale, est relativement divertissante. Attention, relativement divertissante par rapport au reste du film, ne nous emballons pas. Car la première heure est si désagréable que l’on a du mal à l’oublier, même lorsque le film finit par devenir intéressant. Petit point positif, le maquillage qui est plutôt réussi et compense un peu le manque total de surprise des diverses situations où il est utilisé. Jusqu’à la fin on aura senti le manque d’inspiration d’Harper : le dernier plan, que l’on sent arriver dès le début de la dernière scène, parachève le désastre. Lorsque l'on sort de la salle, une terrible impression nous envahit… celle d’avoir perdu 1h38 de sa vie.

Adrien VerotEnvoyer un message au rédacteur

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