DA VINCI CODE

Un film de Ron Howard

Une adaptation fidèle mais sans classe

Une nuit, le professeur Robert Langdon, éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles...

On l’attendait depuis longtemps déjà, la version hollywoodienne du Da Vinci Code, célèbre roman de Dan Brown est enfin arrivée. Précédée, comme à l’habitude, par son lot de rumeurs et de polémiques, le film d’ouverture du Festival de Cannes 2006 était, jusqu’à sa première présentation, attendue avec une impatience fébrile… jusqu’à ce que des ricanements résonnent lors de la première projection officielle.

Point de moqueries finalement de notre part, mais une légère amertume. En tant que fidèle lecteur du roman de Dan Brown, je dois avouer avoir été largement déçu par le film. Non pas que l’adaptation en eut été infidèle, mais plutôt au contraire qu’à force de vouloir coller à l’original, Ron Howard nous a livré une simple version filmée de l’original, le tout assaisonné de coupes très larges.

Afin de rendre le film accessible à tous, le réalisateur élague, et essaie de rendre vivante l’intrigue. L’aspect polémique de l’ouvrage original est conservé, mais seuls les grands principes de la théorie sont évoqués, ne laissant pas la place à des développements dignes de ce nom. Tout alors s’imbrique parfaitement, comme les pièces d’un puzzle, ou les indices d’une chasse au trésor par trop simplifiée. Par ce choix de narration, indispensable pour tenir sur une durée raisonnable (2h30 tout de même !), Ron Howard prive le spectateur du plaisir de l’enquête, de la réflexion, du suspens et donc du mystère.

Une déception donc autour de ce Da Vinci Code, pour sa narration, mais aussi pour ses qualités techniques. Certes, le réalisateur nous livre une œuvre travaillée, où les moindres détails sont pensés et les décors sublimés, mais on peine tout de même à s’émerveiller, éprouvant même de l’agacement devant des raccourcis par trop simplistes (le spectateur n’a pas même encore eu le temps de découvrir la première énigme, une suite de chiffre, que Sophie Neveu l’a déjà résolue !). Dernier point noir, même si Tom Hanks et Audrey Tautou donnent le meilleur d’eux même dans une interprétation de qualité, le lecteur passionné peinera à reconnaître les héros de Dan Brown, et à réellement imaginer cette petite française capable de réaliser des cascades ou distribuer des gnons, comme elle le fait ici.

Restent cependant des points positifs qui font que le Da Vinci Code reste un film sympathique à regarder et qui devrait attirer sans peine un large public. On pense notamment ici à la musique de Hans Zimmer, habitué des films épiques (il a reçu un Oscar pour Gladiator), qui nous offre ici un thème musical grandiose, et parfaitement utilisé au fil de l’action. On pense aussi à quelques personnages bien sentis, comme Silas et Bezu Fache (notre Jean Reno national, toujours aussi à son aise, dans un rôle qu’on lui connaît bien), et surtout le grand Ian McKellen (alias Gandalf, ou Pr. Xavier), toujours aussi charismatique.

On pourrait donc résumer ce Da Vinci Code comme étant un thriller sympathique et plutôt bien réussi pour toute personne qui aurait passé les trois dernières années en ermite et n’aurait jamais entendu parler de ce fameux code. Mais il s’agit aussi surtout, d’un film qui tend à décevoir très fortement, notamment les lecteurs du livre, compte tenu de la réputation qui le précédait.

Rémy MargageEnvoyer un message au rédacteur

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