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CYMBELINE

Shakespeare désincarné

Le roi Cymbeline est le chef d'un club de moto. Sa fille Imogen s'amourache d'un jeune homme sans le sou dénommé Posthumus. Une union qu'il ne voit pas d'un bon œil…

Sortie direct en DVD le 19 octobre 2015

L'idée d'adapter du Shakespeare à une époque contemporaine n'est pas nouvelle. Tout le monde se souvient de l'audace et du brio dont avait fait preuve Baz Luhrmann en portant à l'écran le couple maudit de "Roméo + Juliette" avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes. Baroque, inspiré, tourbillonnant, le film bénéficiait d'une mise en scène somptueuse, accompagnée d'une bande son percutante et mémorable.

Michael Almereyda tente donc une nouvelle fois l'expérience avec "Cymbeline", adaptation d'une pièce de 1609, pour laquelle un nombre impressionnant d'acteurs et actrices de renom ont répondu présent. Malheureusement, l'estampille "XXIe siècle" se limite à quelques accessoires censés représenter chacun des personnages. Ainsi le roi Cymbeline (Ed Harris) dispose d'un blouson de cuir (pour faire moderne) et d'un flingue rutilant. Quant au rebelle Posthumus (Penn Badgley), on le reconnaît grâce à son skate-board, qu'il trimbale partout sous son bras. Le dispositif est minimaliste et presque caricatural.

Très peu inspiré niveau mise en scène, Almereyda (déjà auteur du "Hamlet" de 2000 avec Ethan Hawke en tête d'affiche) ennuie rapidement, laissant ses acteurs faire ce qu'ils peuvent, s'enflammant en plan fixe sur un canapé d'intérieur ou jouant les parodies de film noir dans leur rapport au représentant de César (le chef de la police). Il ne suffit pas de positionner l'action à l'époque d'Halloween et de coller quelques stickers de chauve-souris ou d'araignées dans un laboratoire pour créer une ambiance gothique. Tout ici paraît faux, jusqu'au bar de motards où tous écoutent religieusement la reine chanter... sans faire le moindre grabuge. Navrant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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