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LE CROCODILE DU BOTSWANGA

Drôle et intelligent

Après avoir décroché un contrat dans un grand club espagnol, Leslie Konda, jeune footballeur français, reçoit une invitation officielle du président du Botswanga, un petit pays d’Afrique, en raison de ses origines locales. Leslie se rend sur la terre de ses parents, accompagné de Didier, son agent peu scrupuleux, afin d’y disperser les cendres de sa mère. À son arrivée, il est accueilli en fanfare par Bobo Babimbi, le tout nouveau chef d’État du Botswanga, qui s’avère être un dictateur mégalomane et paranoïaque. Le séjour prend une tournure imprévue lorsque Bobo conclut un accord avec Didier pour que Leslie intègre l’équipe nationale : les Crocodiles du Botswanga…

3 ans après "Case départ", une bonne partie de l’équipe se retrouve pour une deuxième comédie, mais qui, cette fois encore, mise sur le rappel historique, toutes proportions gardées.

Car si l’humour décapant servi à chaque scène est totalement assumé par le duo Eboué/Ngijol, on est tout de même face à une satire de la dictature et des corruptions qui y sont liées. Fabrice Eboué, également scénariste, s’est largement inspiré de la réalité : que se soit dans l’histoire de la Françafrique post-coloniale ou celle de dirigeants africains, dictateurs ou non. Ainsi, le personnage du président Bobo, paranoïaque et autodidacte, élève des crocodiles dans sa piscine. Référence assumée à Idi Amin Dada (Dictateur d’Ouganda de 1971 à 1979) qui jetait les opposants politiques aux crocodiles. Tout comme aux talents de guérisseur du président de la république de Gambie, Yahya Jammeh, qui se vantait d’avoir trouvé un médicament aux plantes contre le sida.

Fabrice Eboué et Thomas Ngijol, tous les deux fils d’immigrés camerounais, se moquent des abus de pouvoir, en utilisant l’Afrique comme référence personnelle, mais l’application est universelle et pourrait aller à tout autre continent. Le film joue sur les stéréotypes, mais reste centré sur les comédiens. La connivence du duo comique Eboué/Ngijol (rodé depuis le Jamel Comedy Club) fonctionne parfaitement, avec en renfort toute une équipe de seconds rôles : Claudia Tagbo en épouse ambitieuse qui ferait volontiers de l’ombre à son dictateur de mari, Franck de la Personne en lèche-botte attitré du Président ou Etienne Chicot, incarnation de la nostalgie de la France coloniale.

Avec "Le Crocodile du Bostwanga", Fabrice Eboué confirme ses talents de caricaturiste, et Thomas Ngilol ceux de comédien. De plus, il y a fort à parier que le film vieillira bien, plusieurs visionnages révéleront évidemment les différentes dimensions comiques de chaque scène ou personnage, mais aussi sans doute la lucidité des auteurs si tant est qu’on ne prenne jamais aucune réplique au premier degré.

Loreleï Colin-MoreauEnvoyer un message au rédacteur

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