COP CAR

Un film de Jon Watts

Bad boys, bad boys...

Deux jeunes gamins trouvent par hasard une voiture de police, visiblement abandonnée en plein milieu de la campagne. Les clefs étant dans la voiture, les deux garnements la démarrent et la conduisent approximativement. Mais les événements vont prendre une tournure tout à fait rocambolesque, lorsque Travis et Harrison vont réaliser que cette voiture n'est pas abandonnée et que le coffre contient quelque chose d’inattendu. C’est ainsi que le shérif propriétaire du véhicule se lance dans un jeu officieux du chat et de la souris, ne souhaitant pas éveiller la curiosité des autres unités de police...

"Cop Car" est comme un western des temps modernes, un "Le Bon, la Brute et le Truand" qui aurait une aventure d’un soir avec "Fargo" des frères Cohen. Plutôt alléchant, non ? On adore l’énergie dégagée par ces deux jeunes en quête d’aventure ; si on ne connaît pas les raisons de la fugue, on ne doutera pas que la recherche d’un trésor et d’évasion sont les seules vraies intentions des deux petites têtes blondes. Mais on le sait tous, « l’enfer est pavé de bonnes intentions » : ainsi cette épopée va engendrer des problèmes plus sérieux, où les adultes vont sûrement devoir s’en mêler… donnant ainsi une nouvelle tonalité à ce long métrage.

Sur fond de paysage coloradien, le scénario est finalement très simple mais nous donne une sensation de crédibilité dans l’absurde ! Et le casting, finement choisi, vient transformer l’essai sans problème. Au début, le rapport de force ou de malice, entre l’officier de police véreux qui représente l’autorité et les enfants qui tentent de briser cette dernière, va petit à petit migrer vers une relation tripartite avec l’apparition d’un troisième larron. Dès lors, les rôles vont être échangés : les enfants deviennent l’autorité, la police joue les hors la loi et le truand se transforme en malicieux tentant de déjouer l’autorité. Bref, s'installe un délicieux jeu de chaises musicales pour les yeux et les oreilles.

Deuxième long métrage après "Clown" (encore inédit en France), Watts commence sérieusement à se tailler une réputation assez sérieuse en nous offrant – en attendant son prochain reboot de Spider-Man pour 2017 – un volte-face original où c’est le règne de l’inconscience au pouvoir, un mariage de la naïveté avec la stupidité... Et nous ne parlons pas ici des jeunes héros...!

Jean-Philippe MartinEnvoyer un message au rédacteur

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