Banniere-Berlinale-2019

CONTINUER

Un film de Joachim Lafosse

Une histoire sans surprises

Une mère et son fils partent en voyage à cheval au Kirghizistan avec l’espoir de se rapprocher. Samuel, adolescent, est très rancunier envers sa mère, Sybille, car elle l’a abandonné pendant de nombreuses années. Il va d’abord choisir de ne pas répondre aux tentatives de rapprochement de sa mère et préférera la compagnie de son cheval. Tout au long de leur aventure Sybille va écrire dans son journal ce qu’elle ressent ainsi que les difficultés qu’elle rencontre avec son fils lors de ce périple qui ne sera pas de tout repos…

"Continuer" est un film dont le récit provoque un sentiment de déjà vu : l’histoire d’une famille brisée qui décide de partir en voyage dans le but de se réconcilier… Ce voyage est bien évidemment leur dernier espoir pour retrouver une harmonie familiale. Bien que le film ne soit pas des plus originaux, l’atmosphère construite par Joachim Lafosse nous permet de rentrer totalement dans celui-ci et de ne pas nous ennuyer un seul instant.

Les seuls bruits d’ambiance (les craquements sous les sabots, le sable, le vent…) viennent amplifier la tension palpable entre les personnages. Cette ambiance va accentuer le pouvoir d’une musique peu présente, qui permet lorsqu’on l’entend, de relâcher cette tension. Car de plus la musique apparaît seulement lorsque les personnages en écoutent et dansent dessus, ce qui intensifie l’effet procuré au spectateur. La musique est donc d’autant plus importante dans la vie de nos personnages qu’elle marque aussi bien les moments de communion que d’affrontement entre la mère et le fils. L’Ipod de Samuel sera d’ailleurs un objet clé dans le récit…

On retrouve donc un duo mère/fils qui s’aime très fort, sans pouvoir se le dire. Sybille communique avec les mots alors que son fils Samuel utilise plutôt les gestes. Samuel est ainsi est très doué avec les chevaux car la communication se fait par les mouvements et le corps. Sybille, elle, ne parvient pas à être en symbiose avec son cheval (inadapté pour ce type de randonné ?!) ce qui ne facilite pas la relation avec son fils. Par contre, Sybille s’exprime avec aisance et parvient à dialoguer avec les personnes qu’ils rencontrent puisqu’elle parle couramment russe, ce qui n’est pas le cas son fils. C’est cette difficulté qu’ont les personnages à se rejoindre et se comprendre qui rend d’autant plus complexe leur voyage, et d’autant plus intrigant le film dans son ensemble.

Clea BerchiattiEnvoyer un message au rédacteur

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