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THE CONSTANT GARDENER

Un film de Fernando Mireilles

Second avis:

Un diplomate anglais part à la recherche de la vérité sur la mort de sa femme, une activiste affrontant les grands groupes pharmaceutiques au Kenya. Malgré les apparences, les non dits, il va se battre contre un système odieux et sanglant…

Entre quête intérieur d’un homme détruit, vie des favellas africaines et téléfilm humanitaire, Fernando Meirelles aurait pu accoucher d’un monstre digne d’une fiction TF1, mais c’est un pure moment de magie qui s’échappe finalement de ce long métrage.

Aaaaah ! La cité de Dieu ! On ne choisit pas un pseudo comme Buscape pour rien, et force est d’admettre que le premier film de Meirelles était un véritable chef d’œuvre, par son esthétisme ahurissant, son scénario réjouissant et le jeu des acteurs bigger than life. La prudence était donc de mise pour une première production hollywoodienne tant les ratages de jeunes réalisateurs étrangers extrêmement prometteurs sont devenus une constante au pays de l’oncle Sam. Mais c’esst justement en délocalisant l’action en afrique et en désaméricanisant ses personnages principaux (ici des anglais) que Meirelles réussit son coup. Le jeu tout en finesse et en retenue de Ralph Fiennes rend d’ailleurs honneur à ce film plus surprenant qu’il n’y paraît en lisant le pitch de départ.

En effet Meirelles transcende son sujet par une réalisation à la fois chaotique (les ghettos kenyans) et éthérée (Fiennes face à lui-même et à la mémoire de sa femme) pour en faire un concentré de beauté et de violence autant psychologique que visuel. Toujours accompagné de son talentueux directeur de la photo Cesar Charlone, Meirelles nous livre ici un film qui ne fera sûrement pas date, mais qui saura toucher son public par la beauté des images… Il peut aller se rhabiller le père Arthus Bertrand face au plans « vue d’avion » du jeune réalisateur brésilien. Un pur moment de poésie avec le parcours de ces deux hommes, l’un se battant contre des chimères devant la caméra, l’autre ne ratant pas un seul plan derrière la caméra.

Cédric MayenEnvoyer un message au rédacteur

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