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LA COLÈRE D'UN HOMME PATIENT

Un film de Raúl Arévalo

Un premier film parfaitement maîtrisé

Alors que huit ans se sont écoulés depuis un hold-up qui a mal tourné, José se fait doucement accepter parmi les habitués d'un bar tenu par le frère d'Ana, compagne de Curro, qui jouait ce jour-là les chauffeurs et fut le seul à être arrêté. Entre les soins qu'il apporte à son père, dans le coma, et ses petites habitudes au bar, son rapprochement d'Ana, à l'aube de la sortie de prison de son compagnon, n'est peut-être pas sans arrière-pensée...

En gardant savamment le mystère sur les motivations de son personnage principal (Antonio de la Torre, inquiétant monolithe, se montrant peu à peu obsédé par son objectif) pendant une bonne partie du film, Raúl Arévalo réussit à créer une ambiance inquiétante et à concocter un thriller captivant, en forme de puzzle. Il ouvre son film sur une scène choc, un accident à la sortie d'un hold-up, laissant planer le doute d'un lien entre cet événement et les agissements de cet homme solitaire dont l'aspect impassible crée un malaise grandissant.

Si le titre du film révèle un peu des intentions du personnage, ce premier long métrage découvert dans la section Orrizonti du Festival de Venise et lauréat surprise du Goya du meilleur film 2016 (il a coiffé au poteau l'excellent favori "Quelques minutes après minuit", reparti avec tout de même huit statuettes), empruntant aux codes du western, réussit à surprendre par l'habile construction de son scénario et par ses éclairs de violence (ah, ce qu'on peut faire avec un tournevis !).

Pour son premier essai derrière la caméra, l'acteur Raúl Arévalo (connu notamment pour "La isla mínima" ou "Les Amants passagers") parvient à créer un ambiance malsaine et poussiéreuse. Disposant d'un casting alliant gueules et caractères trempés, il offre au passage à Antonio de la Torre ("Balada triste", "Invasor") l'un de ses rôles les plus impressionnants. Des débuts à suivre, indéniablement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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