Parce qu'on en a jamais assez !

THE COLD LANDS

Un film de Tom Gilroy

Utopie d'une coupure du monde

Très proche de sa mère malade, Atticus ne voit s'offrir à lui qu'une seule issue lorsque celle-ci décède soudainement. Alors que la police le cherche, il choisit de s'enfuir dans les bois, tout en restant proche du village...

Découvert dans la section pour adolescents du Festival de Berlin (Generation 14Plus) en 2013, "The Cold Lands" est une fable douce-amère sur les liens qui unissent une mère et son fils, et sur le doux fantasme de l'autosuffisance. Débutant sur de jolis moments de complicité entre une mère et son fils, on découvre une éducation faite de valeurs alternatives, allant du refus de la télévision à la tentative d'une vie indépendante, à l'écart d'une société consumériste, faite de troc et de proximité de la nature. Malade, la mère met ainsi en garde son enfant face à la générosité affichée de certaines personnes, affirmant que lorsqu'ils donnent de l'argent, les « gens pensent avoir le droit de te dire quoi faire »...

Avec le soudain décès de la mère, le film change brutalement de tonalité dans sa deuxième partie, le gamin choisissant de se cacher dans les bois, à proximité, puis de s'enfuir. Si les passages où l'adolescent est livré à lui-même sont, au premier abord, plutôt touchants, le scénario tire un peu en longueur par la suite. Il faut dire que la rencontre du jeune homme avec un vendeur de colliers, fumeur de joints et dealer à ses heures, pourrait bien l'entraîner sur la mauvaise pente. Certes il incarne à merveille la limite de ce que lui a enseigné sa mère, ne parvenant pas à subvenir à ses besoins (il vit dans sa voiture, se fait virer de son travail...), mais ajoute à ce conte naturaliste, une couche de misérabilisme qui était nullement nécessaire.

Réalisé par le Britanique Tom Gilroy, ancien acteur de Ken Loach dans "Land and Freedom" et dont les deux premiers longs-métrages restent encore inédits en France ("Spring Forward" en 1999, "Touch Base" en 1994), "The Cold Lands" touche par la jolie complicité qui unit ce fils à sa mère, incarnée par une Lily Taylor épatante en mère courage. Récit initiatique d’une nécessaire confrontation à un monde réel et dur, ce film rappelle avec âpreté que les principes et idéaux les plus généreux ne préparent pas forcément à la réalité du monde.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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