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COCORICO

Un film de Julien Hervé

Couper le mal à la racine

Pour fêter l’annonce de son mariage avec François, Alice a une idée de cadeau originale pour ses parents et ceux de son fiancé : un test ADN renseignant les origines ethniques. Pour les parents, certains qu’on ne peut rien leur apprendre sur leurs racines, les résultats du test vont être durs à encaisser…

Frédéric est le père d’Alice et le descendant d’une longue lignée aristocratique comprenant des chevaliers, des ducs, des gouverneurs et même des ministres. Il est particulièrement fier des cinq cents hectares de vigne du domaine familiale, un des plus beaux domaines de tout le Bordelais. Gérard est le père de François et le descendant d’une famille modeste. Il vend fièrement ses Peugeot, infiniment plus fiables et moins tape à l’œil que les voitures allemandes. Tout semble opposer Frédéric et Gérard, si ce n’est un chauvinisme certain et un petit relent de xénophobie. Une opposition de classe qui met en péril le projet de mariage de François et Alice.

Mais ce n’est là qu’une fausse piste, peu habilement exploitée par ailleurs. Le véritable problème est contenu dans ces petites enveloppes émanant du laboratoire d’analyse génétique. Quelle horreur d’apprendre qu’on n’est pas cent pour cent Français quand on ne jure que par les vins de Bordeaux ou les Peugeot 406. Et comment cesser de considérer ses origines étrangères comme un handicap ou un faux pas de ses ancêtres ? Coucou l’arrière-grand-mère adultère !

A cette question il convient de citer la seule réplique intelligente du film, prononcée par Alice : « l’important ce n’est pas ce que l’on est, mais ce que l’on fait ». Faire le pédant et attaquer sa future belle famille sur ses origines ethniques et/ou sociales c’est pas bien. Faire amende honorable, s’excuser platement et exhiber fièrement sa généalogie c’est bien mieux. Hélas il semblerait que la petite phrase d’Alice ait été mal comprise. Car en étalant crânement leurs origines qu’ils viennent tout juste de découvrir, les protagonistes ne changent pas réellement. Ce sont toujours les mêmes personnes obsédées par les liens du sang, considérant que c’est ça qui fait ce qu’ils sont. Or nous sommes ce que nous faisons, Alice ne s’y était pas trompée.

Cependant si l’on n’est pas aussi tatillons sur le propos du film, on peut profiter de Christian Clavier et Didier Bourdon en grandes formes, quoiqu’un peu en roue libre. Les situations comiques s’enchaînent et nous régalent, nous laissant au moins l’impression d’avoir passé un bon moment.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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