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COCO

D’une beauté époustouflante

Miguel vit dans une famille mexicaine dont les membres détestent la musique. Désireux de faire ses preuves dans un concours, il vole la guitare de son idole Ernesto de la Cruz, chanteur mythique disparu, ce qui lui vaut de passer dans le monde des morts…

On avait pu découvrir une vingtaine de minutes de cette nouvelle production Pixar lors du dernier Festival d’Annecy, nous laissant alors l’eau à la bouche face à la richesse de couleurs et de décors, suggérée, et la beauté d’une histoire d’enfant autant à la recherche de ses vrais racines que de sa propre voie. Et l’on est émerveillé devant le résultat, qui s’avère autant picturalement réussi que scénaristiquement intense, l’histoire de Miguel offrant à la fois des repères aisés pour les plus jeunes et son lot de rebondissements, comme de personnages plus complexes qu’ils n’en ont l’air (le squelette Hector, rencontré dans le monde des morts et incapable de revenir visiter les vivants).

Il faut dire que l’imagination est au pouvoir côté mise en scène, mettant parfaitement à profit de nombreux dimensions de la fameuse fête des morts, durant laquelle les familles déposent offrandes et visitent leurs disparus. On saluera par exemple la façon de compter la légende familiale, au travers de guirlandes ciselées qui soudains s’animent, manière de faire pénétrer le spectateur dans un univers où la couleur est reine. On soulignera aussi la beauté de la plupart des décors, du cimetière au pont de feuilles incandescentes, en passant par les incroyables assemblages qui constituent l’au-delà ou encore l’utilisation des Alebrijes, sortes de créatures mythiques au couleurs vives, mélanges de diverses créatures existantes, que l’on trouve en sculptures au Mexique.

Bien entendu les personnages rigolos sont au rendez-vous, avec un chien à la langue plus que pendu (Dante), un squelette aux déhanchements savoureux et une Frida Kahlo dont le scénario moque gentiment l’esprit artistique. Mais ce qui fait une nouvelle fois la saveur si particulière de ce film d’animation Pixar, c’est la capacité à émouvoir, avec en toile de fond ici des thématiques qui ne sauraient laisser indifférent : la vieillesse et celle de la peur de l’oubli. Pixar a un nouveau chef d’oeuvre à son actif, qui devrait faire la joie des grands comme des petits en cette fin d’année.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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