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LA CITÉ DE L'OMBRE

Un film de Gil Kenan

Trop simple

L'humanité s'est retrouvée à vivre enterrée dans la cité d'Ember, éclairée par des milliers d'ampoules, alimentées par un générateur de plus en plus défaillant. Normalement, les maires successifs de la ville auraient dû se transmettre une boîte scellée contenant les secrets du monde du dehors, et sensée s'ouvrir au bout de 200 ans. Malheureusement, par la force des choses, la boîte a été égarée. Le jour de la cérémonie où chaque adolescent se voit attribué un métier par tirage au sort, Doon et Lina, mécontents, décident d'échanger leurs rôles. Elle sera messagère, et lui sera plombier...

"La Cité de l'ombre" est un petit film d'anticipation, produit par les producteurs du "Monde de Narnia" et calibré pour un public plus adolescent qu'adulte, ce malgré une noirceur réjouissante des lieux décrits. En effet, durant les premières scènes, on se réjouit de découvrir un monde à part, souterrain, entièrement éclairé de manière artificielle, ressemblant à une vieille ville médiévale, perdue entre révolution industrielle et réduction des ressources. Ce monde possède ses zones d'ombre, comme la décharge, aux limites de la ville, dont surgissent des hommes vraisemblablement contaminés par quelque chose de pas net. Bref, le mystère est épais et l'envie de connaître ce monde grandit avec la cérémonie de tirage au sort des métiers.

Malheureusement, les personnages, aussi excentriques soient-il, à l'image du père-inventeur (Tim Robbins) ou du maire faignant (Bill Murray), ne sont pas réellement développés. Et le film se transforme progressivement en une longue course poursuite, dans laquelle les deux jeunes (dont Saoirse Ronan, vue dans « Reviens-moi ») sont traqués par les sbires d'un maire prêt à tout pour conserver ses privilèges. La fable ne va pas bien loin, oubliant très vite son propos écologique de départ, pour se terminer en d'improbables rapides en forme de montagnes russes, sensées pourtant mener nos héros vers le haut... et la surface terrestre. Décevant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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