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CHIEN

Un film de
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Un "Chien" sans mordant

Après "Asphalte", Samuel Benchetrit poursuit son exploration de l’absurde en adaptant à nouveau l’un de ses ouvrages. Jacques Blanchot est le genre de personne dont on dit qu’elle est « brave » ou « gentille ». Avec son regard abattu, sa petite voix et son pas hésitant, il a même quelque chose de profondément attendrissant. Alors lorsqu’il perd sa femme, son logement et son travail, la compassion est de rigueur. Puis à le voir progressivement adopter un comportement canin, les rires se font généreux, avant que ceux-ci s’effacent au profit d’un récit bien plus brutal et dérangeant.

Si le roman originel permettait admirablement bien d’observer la cruauté de la société, les rapports de domination et le sentiment de déshumanisation induit d’une régression sociale, le film, lui, patine totalement, perdu dans des saynètes répétitives plus vraiment drôles et faussement cyniques. L’intention était intéressante, mais le métrage se limite malheureusement à une mauvaise idée, celle d’avoir essayé de matérialiser le ressenti d’une œuvre littéraire à travers un objet cinématographique. La fable métaphysique rêvée du cinéaste ne trouve jamais sa tonalité, nous laissant face à un résultat insignifiant. Soit tout le contraire des velléités premières.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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