Parce qu'on en a jamais assez !

CHEZ GINO

Délirant, mais brouillon

Gino tient une pizzeria à Bruxelles depuis trente ans. Son oncle, un grand parrain de la mafia, à l'article de la mort, l'appelle pour lui promettre une part de son héritage mais à une condition : d'être sûr que Gino soit devenu à son tour un grand mafieux puissant et respecté. Gino fait alors appel à un réalisateur pour tourner un faux documentaire sur sa vie de grand mafieux...

Il aura fallu attendre trois ans pour retrouver sur les écrans Samuel Benchetrit, le réalisateur prodige de « J'ai toujours rêvé d'être un gangster ». Il nous revient avec une comédie délirante, mélange de genres qui se veut avant tout un hommage au grand cinéma. « J'ai toujours rêvé... » était un film à sketchs, ce qui permettait de passer du coq à l'âne de manière assez naturelle. Ici, l'histoire est linéaire mais part aussi dans beaucoup de directions : l'extrême violence de la mafia côtoie le joyeux bordel qui règne sur le tournage, ceci sans trop se soucier du spectateur. Celui-ci risque alors de perdre le fil, devant se contenter d'une succession de bonnes idées incarnées par un casting investi, parfois à la limite de la surenchère. Si José Garcia est comme une poisson dans l'eau, on hésite entre jubiler et s'inquiéter face à une Anna Mouglalis hystérique au possible.

Cette bande de losers finit tout de même par devenir sympathique dans ses efforts inespérés pour sauver un tournage catastrophique dont le destin est, inexorablement, de pondre un navet. Jouant à fond la carte du populaire, on pourra regretter une morale finale trop directe. José Garcia s'y adresse directement à la caméra, clamant son amour au spectateur. A trop vouloir satisfaire le spectateur, le réalisateur prend ainsi parfois le risque de le faire fuir.

Le film n'égale finalement pas le précédent opus de Benchetrit, certainement du fait de sa volonté affichée de plaire au plus grand nombre. Cela lui donne un côté fouillis, malgré le savoir faire et les bonnes intentions du cinéaste. « Chez Gino » est donc une bonne comédie, mais qui manque de parti pris et d'une certaine singularité qui aurait pu lui donner plus d'éclat.

Rémi GeoffroyEnvoyer un message au rédacteur

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