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CHEMINS CROISÉS

De beaux paysages et pas grand-chose d’autre…

Sophia s’apprêtait à quitter la Caroline du Nord pour s’installer à New-York afin de poursuivre ses études et effectuer le stage de ses rêves. Mais ça, c’était avant qu’elle ne rencontre le beau Luke, un rodeo man à l’ancienne. Coup de foudre immédiat. Sauf que cet amour s’avérera être fortement compliqué…

Nicholas Sparks et ses bouquins romantiques ont déjà été adaptés au cinéma de très nombreuses fois. Mais "Chemins croisés" n’avait pas encore connu les honneurs du grand écran. Dans cette romance à l’eau de rose, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait la légende de l’auteur : de bons sentiments, un enrobage mielleux, une relation soumise à de nombreuses difficultés, et une morale se résumant à l’amour plus fort que tout. Ici, ce sont les émois de Sophia qui vont être tourmentés par le beau Luke, un cow-boy qui fait rêver toutes les jeunes femmes de la Caroline du Nord. Pourtant, ces deux êtres n’ont rien en commun, lui aime la vie au ranch et dompter des taureaux, elle, aime l’art et les grandes villes. Mais Cupidon ne frappe jamais là où on l’attend, et c’est bien ces deux êtres qui vont tomber follement amoureux.

Pour narrer cette romance sur fond de country et de chapeaux de paille, le réalisateur n’a pas lésiné sur les clichés, du pique-nique romantique au baiser dans le photomaton, osant même "Desire" de Ryan Adams en fond musical et les baignades dans un lac abandonné. Cependant, comme si cette dose de situations convenues ne suffisait pas, le métrage va également nous narrer le destin d’un homme croisé par hasard au détour d’une route sinueuse, par de nombreux flash-back évoquant l’amour de sa vie. Double ration de guimauve et excès de scènes langoureuses. Et c’est bien là que le film sombre dans tous les écueils possibles de l’idylle pour adolescents. En voulant absolument effectuer un parallèle entre le parcours de ces deux couples, "Chemins croisés" ne parvient jamais à trouver son équilibre, titubant entre deux époques, les différents filtres de couleur ne suffisant pas pour retranscrire la moindre émotion.

Les comédiens font pourtant leur maximum, essayant de rendre leur couple plus mignon qu’agaçant. Malheureusement, avec cette sensibilité exacerbée et ces effets de style larmoyants, la mission s’avérait être impossible. Avec de très grosses ficelles, cette romance bucolique ne cesse de s’étirer jusqu’à devenir d’une platitude affligeante, complètement dépourvue de la magie nécessaire pour sublimer son propos. On ne retiendra ainsi que la ressemblance stupéfiante entre Scott Eastwood et son illustre père, et on notera également la présence d’une autre lignée tout aussi fameuse, avec Oona Chaplin. Lire la liste des comédiens peut ainsi devenir une meilleure option que consacrer deux heures à assister à ce spectacle bien décevant…

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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