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CET ÉTÉ-LÀ

Un film de Éric Lartigau

Que sont devenues les fleurs… ?

Après deux ans d’absence dans leur maison de vacances, Sarah, Thiago et Dune y retournent en famille. Le lieu n’a pas changé, leurs amies non plus, mais une fissure se fait sentir dans leurs rapports au monde. Sarah a perdu l’odorat et son travail, Thiago fuit la maison et Dune a une lucidité étonnante pour une enfant de 11 ans. Un secret plane… mais quel est-il ? L’océan le leur murmurera peut-être pour les sauver…

Cet été-là film movie

Heureuse découverte de la semaine, "Cet été-là" est un film qui sait surprendre, malgré son apparence de déjà-vu. Inspiré d’une bande-dessinée éponyme de Jillian et Mariko Tamaki, il raconte l’histoire d’une famille dans toute sa fragilité. En opposition à son affiche lumineuse où l’esprit de groupe rayonne, ce film contrecarre l’idée de vacances heureuses en famille dès les premières scènes. La pesanteur d’un drame passé, d’une souffrance restée secrète, contamine l’atmosphère, ronge les lieux, les dialogues et les personnages. Ce « tout » consacré aux non-dits est questionné par l’enfant, Dune, qui tout au long du film interroge ses souvenirs par sa grande maturité. Se mêlant de tout, filmant tout, elle est en quête de quelque chose qu'elle ne sait définir. Elle rappelle ces enfants emprunts d’une mélancolie cinématographique comme dans "Submarine".

Si l’atmosphère dramatique se construit par les lieux, les images et les dialogues, la posture de chaque personnage l’accentue. "Cet été-là" est puissant, car il montre que les parents ne sont pas invincibles et qu’eux aussi ont leurs fêlures. La profonde souffrance de Sarah, magnifiquement interprétée par Marina Foïs, donne le tempo à tous les autres personnages. Dans cette histoire, chacun tente de survivre comme il le peut : Dune en restant avec Mathilde, Thiago en fuyant, et Sarah… en étant là ?

Dune, comme Rose Pou Pellicer, est bluffante tout au long du film par sa lucidité. Du comique de ses disputes avec Mathilde, à ses réflexions en voix-off sur ses petites vidéos, son personnage est autant agaçant qu’émouvant. Ce film raconte son chemin initiatique et émotionnel face à un drame qu’elle ressent, qu’elle porte, mais qu’elle ne comprend pas. Ce film rappelle, comme le fait "La guerre des Lulus", que les enfants ne sont pas qu’à protéger, ils méritent et sont prêts à entendre les choses.

Film sur la fragilité des êtres et du couple, il parle à nos souvenirs et montre que le drame a toujours une origine, une brisure, mais qu’on peut la dépasser. Pour l’histoire, le jeu de tous les actrices et acteurs (et surtout pour le personnage de Pepe), ce film mérite d’être vu sur grand écran ceci notamment pour être plus attentif au petit écran de Dune.

Adam GrassotEnvoyer un message au rédacteur

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