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CE SENTIMENT DE L'ETE

Un film de Mikhaël Hers

Frustrant

Sasha, 30 ans, se lève par une belle journée d’été. Après sa journée de travail, alors qu’elle est sur le chemin du retour, elle s’effondre à terre inanimée. La mort vient de la faucher. Sa sur Zoé et son petit ami Lawrence doivent alors faire face…

Mikhaël Hers nous avait déjà gratifié d’un premier long-métrage quelque peu pesant, à force de ne rien raconter d’autre que le quotidien de petites vies sans grand intérêt, avec "Memory Lane". On avait surtout retenu la beauté de certains plans, des choix musicaux intéressants, des lumières qui mettaient parfaitement en valeur de jeunes comédiens pleins d’espoir dans le cinéma français… Ce qu’on constate avec son deuxième film, c’est que Mikhaël Hers n’a pas changé d’une ligne la vision de son cinéma ! Et avec elle, on retrouve dans "Ce sentiment de l’été" toutes ses qualités et malheureusement tous ses défauts.

Car Mikhaël Hers n’est pas un mauvais réalisateur. Il a juste un gros problème avec la narration de ses films. On appréciera donc de nombreuses scènes, avec quelques envolées bienvenues, parfois même des moments de grâce comme on aimerait en voir plus souvent. Il exploite ainsi au mieux les balades entre amis ou celles entre une mère et son enfant, captant merveilleusement la lumière au passage. Ses comédiens sont parfaits dans la retenue, les non-dits, la gêne, les troubles, Anders Danielsen Lie et Judith Chemla en tête. Ces deux-là nous interpellent rapidement quand, après le décès de sa petite copine, Lawrence est tourmenté par la sœur en qui il voit de troublantes ressemblances.

Malheureusement, la narration est encore une fois le principal défaut du film (devant le montage, parfois raté). Les scénaristes, pense-t-on, nous mènent vers une histoire sentimentale assez évidente, puis nous perdent, changent de trajectoire, pour nous reprendre sur le chemin initialement prévu, avant d’abandonner cette piste définitivement… On ne sait jamais vraiment ce que l’on veut nous raconter si ce n’est que la vie est aussi compliquée que les sentiments. Le film pouvait bénéficier d’un fort capital sympathie pour avoir eu l’audace de ne pas céder à la facilité d’un récit et d’une histoire toute tracée. Il n’en est rien, entre chaque séquence moteur du film, il ne se passe rien, c’est l’atonie du cinéma. On sort de là frustré, avec la sensation d’avoir raté un grand film, d’être passé à côté d’une belle histoire que James Gray aurait sans aucun doute aimée et magnifiée.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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