Banniere-Berlinale-2019

CAPITAINE MORTEN ET LA REINE DES ARAIGNÉES

Un film de Kaspar Jancis

Une ode à l’imagination qui ne convainc pas totalement

Le jeune Morten vit dans un village de pêcheurs. Alors que son père, le Capitaine Vicks, est en mer, c’est la méchante Annabelle qui le garde. Persuadée par le riche Stinger que le bois du bateau de Vicks, la Salamandre, vaut de l’or, elle va profiter de l’incapacité du Capitaine à payer ses dettes et de la garde de son fils, pour tenter de s’emparer du rafiot...

Présenté hors compétition au Festival d’Annecy 2017, "Capitaine Morten et la Reine des araignée" est un film d’animation irlando-estonien, tourné en stop-motion (image par image), dont l’action se situe dans un petit port de pêche. Après un générique où l’on suit une guêpe volant d’objet en objet dans une pièce, le décor est rapidement planté, tout comme la nature des locaux. Morten est roux et arbore un polo rayé bleu et blanc. Son fidèle pigeon voyageur, grâce auquel il communique avec son père en mer, porte non seulement un casque d’aviateur, mais aussi un pull marin rayé. Quant aux jumeaux alcoolisés du matin au soir, Zagfried et Zigfried, s’ils ont des pulls trop courts, leur béret à pompon ne trompe pas quant à leur (ancien) métier.

Mêlant mystère autour du trésor perdu d’un pirate devenu fou, histoires saugrenues contées par un père trop souvent absent, et manigances des gens restés à terre, le scénario plonge soudainement Morten dans le monde des insectes (ceux qu’il a mis sur sa maquette de bateau faite de bric et de broc), celui-ci assimilant ces derniers auxpersonnages qui forment son ingrat entourage. Besoin d’échapper à la réalité, ode à l’imagination d’un solitaire, le film perd quelque peu le spectateur en route en faisant se confronter ces deux mondes.

Avant de devenir un film d’animation, "Capitaine Morten et la Reine des araignée" fut une pièce mêlant musique et cirque, puis un livre pour enfants au succès phénoménal en Estonie. Si on louera la qualité de l’animation, tout comme la richesse des détails, les idées amusantes (le surf sur un bâtonnet de glace, le rôle du ventilateur, l’usage du phonogramme…) ne suffisent pas à compenser le ventre mou que constitue finalement toute la partie imaginaire. On aurait finalement pu se contenter des histoires abracadabrantes du père, qui suffisent à alléger le fond d’une histoire plutôt sombre, mêlant folie, solitude et maltraitance. Mais peut-être que le public des enfants de plus de 6 ans aurait difficilement accroché.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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