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CAOS CALMO

Un arrêt nécessaire pour prendre un nouveau départ

Alors qu'il joue sur la plage avec son frère, la femme d'un patron de groupe audiovisuel décède par accident. Bouleversé, il décide alors de prendre soin de sa fille et notamment de rester toute la journée face à l'entrée de son école, sur l'un des bancs d'une petite place...

Nanni Moretti est le principal protagoniste d'une aussi séduisante que bouleversante fable centrée autour du deuil. Rapidement on se dit que la petite fille gère mieux que lui, père absent jusque là, la disparition de la mère, et que quelque part les rôles vont forcément s'inverser. Mais plus que la relation faite de protection et d'amour qui les unit, c'est surtout le retour du père vers des choses simples, vers les plus infimes détails de la vie, à ce qui a vraiment de l'importance, qui touche. Car cet homme, recréant certes son existence sur cette place, qui devient son nouveau bureau, sa nouvelle maison, va prendre le temps et à nouveau s'ouvrir aux autres, découvrant tout un microcosme à côté duquel il était passé jusque là.

Adapté d'un best seller italien, qui se déroulait entièrement dans l'habitacle de la voiture du père (idée peu cinématographique ou difficile à mettre en scène), le légèrement surréaliste « Caos calmo » (le chaos tranquille) doit beaucoup à l'ensemble de son impressionnant casting et à un montage qui rend dynamique un lieu pourtant restreint. Peu à peu les failles du personnage de Moretti se révèlent, et l'on espère pour lui un redémarrage. Initialement contrit, coincé, il devient plus humain au contact de cette fille qu'il semble regarder vraiment pour la première fois, comme la plupart de ses proches.

L'acteur excelle dans cette composition d'un veuf en apparence insensible dont les aspects sur-protecteurs masquent difficilement les blessures. Vue de France, sa fameuse scène de sexe avec Isabella Ferrari, source de scandale de l'autre côté des Alpes, n'a rien de très sulfureux, même si elle était voulue comme charnelle et totalement dénuée de sentiments. On préfèrera donc s'attacher à la poésie qui se dégage de cette comédie humaine, huis clos extérieur très réussi, mais reparti bredouille du Festival de Berlin 2008. Un film bouleversant, à voir absolument.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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