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CALVARY

Brendan Gleeson, prêtre en sursis

En confession, le père James Lavelle écoute les douloureux aveux d'un paroissien, qui affirme avoir été violé par un prêtre, à partir de l'âge de 7 ans, ceci pendant plus de 5 ans. À la fin de leur discussion, ce dernier lui annonce qu'il a trop longtemps gardé ce secret, et que dimanche en huit, il va le tuer lui, parce qu'il est innocent...

Présenté au Festival de Berlin 2014 dans la section Panorama, "Calvary" est un film irlandais dont la réputation de comédie doit surtout à son cynisme et à un humour très british, qui fonctionne il faut l'avouer plutôt bien. Cet humour semble en tous cas nécessaires, pour contrebalancer la noirceur du postulat de départ (la vengeance annoncée d'un garçon violé enfant pendant des années par un prêtre aujourd'hui décédé), et de la description d'une communauté sinistrée (la bibliothèque a fermé, le bar est menacé...), au sein de laquelle la névrose généralisée guette. Mais heureusement au bar, le jeune homme disserte sur les liens entre manque de sexe et suicide...

Pendant toute la durée de l'intrigue, le scénario prend soin de ne jamais révéler qui est le mystérieux personnage venu en confession, entretenant un certain suspense, y compris quand à la véracité de la menace. Il dévoile ainsi une à une les différentes personnalités de cette communauté, comme autant de facettes de l'humanité que le religieux (Brendan Gleeson, massif et empathique) tente de comprendre ou de venir en aide. À commencer par sa propre fille (Kelly Rilley, bouleversante), malheureuse en amour, les poignets tailladés, et venue se réfugier auprès de celui qui trouva sa vocation à la mort de sa femme.

Entre portraits plus ou moins réalistes et humour à froid, le film fonctionne plutôt bien, tout en constituant une étonnante charge contre certains aspects de l'église. Récit profondément humain, "Calvary" provoque le malaise, mais permet de remettre un peu de poids relatif entre les souffrances des uns et des autres (le noble du coin, financier ruiné, l'histoire de l'infirme enfermé dans son propre corps, la femme battue...). Souvent drôle, le scénario remet le doigt sur l'essentiel grâce à quelques dialogues marquants exprimant les doutes de l'une (« J'ai perdu deux parents au lieu d'un ») et la force ébranlée de l'autre. Touchant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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