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CALVAIRE

Un film de Fabrice Du Welz

Delivrance en Wallonie : dérapages saisissants mais exagérés

Un chanteur itinérant dénommé Marc Stevens (Laurent Lucas) va de maison de retraite en salle des fêtes. Un soir, il tombe en panne dans la forêt wallonne. Un mystérieux homme, qui semble chercher son chien, le guide alors jusqu’à une auberge isolée, tenue par Monsieur Bartel (Jackie Berroyer)…

Comparer l'étrange et dérangeant "Calvaire" au "Délivrance" de John Boorman est une évidence. Il faut dire qu'à son arrivée dans l'auberge, le jeune chanteur est pris par Bartel, pour sa femme Georgia, qui l'a quitté il y a quinze ans. Ne cherchez pas à imaginer la suite, Fabrice de Welz et Romain Protat vous ont concocté un scénario tordu au possible, remplissant la campagne belge de demeurés profonds, de paysans qui enculent des cochons ou se font sucer par des veaux !

De là naît une sorte de chaos organisé duquel Laurent Lucas va tenter de s'échapper, non sans séquelles et souffrances. Son calvaire, sensé faire frémir le spectateur, ne trouve pas toujours un retentissement égal tout au long du film. Car si certaines scènes vous emplissent d'effroi, telle la découverte des paysans dans la grange, ou la mémorable scène de danse, au bar du village, le scénario, aussi improbable qu'allumé, finit par accumuler les surenchères jusqu'à rendre certains moments ridicules, voire risibles. Dommage pour ce film physique, qui aurait mérité une plus grande dose d'éléments crédibles.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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