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C'EST MAGNIFIQUE !

Un film de Clovis Cornillac

Une fantastique mièvrerie

Pierre, grand naïf féru d’horticulture et d’abeilles, vit isolé dans la campagne lyonnaise avec ses parents. Quand un jour ceux-ci décèdent soudainement d’un accident, Pierre se retrouve seul à devoir gérer de mystérieuses révélations : il n’est notamment pas le fils biologique de ses parents. Bien décidé à comprendre qui il est et d’où il vient vraiment, Pierre déménage à Lyon et découvre pour la première fois la ville et ses complications. Il y rencontre Anna, une femme luttant pour récupérer la garde de sa fille, qui l’aidera dans sa quête. A mesure qu’ils s’approchent de la vérité, l’état de santé de Pierre se dégrade étrangement, lui faisant littéralement perdre toutes ses couleurs…

C'est magnifique film movie

« L’important n’est pas d’où l’on vient mais ce que l’on devient » énonce à brûle-pourpoint le père au fils (Clovis Cornillac) avant de se faire écraser par un arbre. Ainsi commence cette comédie tendre à la morale sans vague, troisième long métrage en tant que réalisateur de Clovis Cornillac qui fera résonner tout au long de son film ce mantra digne d’un aphorisme de biscuit chinois.

On n’a pas envie de s’acharner sur un film que l’on trouve dans un premier temps bien inoffensif malgré sa maladresse, et même parfois parsemé de petites trouvailles inventives. Et puis ce premier temps passe, et un second temps plus réflectif l’enterre. Car "C’est magnifique !" est une comédie qui utilise de vieux ressorts comiques un peu rouillés, du genre de ceux qui ne grinçaient pas encore il y a quelques années. La première scène du film évoquée précédemment se révèle être une belle métaphore de ce qui nous attend par la suite : des dialogues plats mélangés à des gags aussi lourds qu’un arbre qui tombe.

C’est une comédie qui trouve drôle de faire quitter ses vêtements de femme pour un costume /cravate d’homme à un des personnages transgenres ; ceci sans réelle motivation si ce n’est la recherche d’un effet comique usé, celui qui prend source dans une curiosité voyeuriste qui nous pousse à vouloir à tout prix voir ce que l’on refuse de nous montrer.

C’est une comédie que ne dérange pas le fait de dévêtir complètement son personnage féminin, quand, à l’inverse, celle-ci devra se contenter d’apercevoir trois poils de torse dépassant de la chemise ouverte de son partenaire masculin comme unique frisson.

C’est une comédie enfin, au casting raté ; tant Clovis Cornillac, qui est de tous les plans ou presque, ne convainc pas dans l’incarnation de ce personnage lunaire. Peut-être trop associé à ses interprétations d’hommes bourrus et terre à terre, l’acteur vole involontairement la vedette à son personnage. Résultat : on ne voit plus que lui.

On ne peut cependant pas retirer à "C’est magnifique !" sa tentative de comédie fantastique qui lui permet de distiller ça et là quelques jolies idées visuelles (les yeux de Pierre changeant subitement de couleur et passant du marron au bleu à la suite de la perte de ses parents, suivi d’un plan très Wes Andersonien de Pierre encadré par les deux cercueils). Mais ces petites pépites ne suffisent malheureusement pas à faire briller cette comédie qui en fait de tendre, se révèle être une mièvre visite touristique de Lyon et ses alentours.

Rédactrice également membre du LYF

Amande DionneEnvoyer un message au rédacteur

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