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BYE BYE BLONDIE

Aime-moi !

Gloria et Frances se sont follement aimées dans la France punk des années 80. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les ont séparées. Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent…

Qu’on l’aime ou pas, le film-choc "Baise-moi" avait révélé l’esprit frondeur et profondément anarchique d’une cinéaste débutante. Une démarche agressive, et vaine, vue la qualité toute relative du film, mais qui avait le mérite d’intriguer quant à l’avenir cinématographique de Virginie Despentes. Pour son deuxième film, si l’on excepte le documentaire "Mutantes (Féminisme Porno Punk)", elle adapte l’un de ses romans, et prouve que l’assagissement formel lui va plutôt bien.

Car s’il pourrait passer pour une version « douce » de "Baise-moi", ce nouvel essai cinématographique est en fait une authentique comédie romantique. Certes, l’amour est ici lesbien, mais on retrouve les grandes conventions du genre. À commencer par l’absence de scène de sexe, ce qui ne manquera pas d’étonner les rares spectateurs de l’ultra-violence pornographique de son premier long. En s’attachant à saisir le sentiment amoureux, complexe et puissant, qui peut unir deux personnes, quel que soit leur sexe, "Bye Bye Blondie" bénéficie du talent de ses actrices, ici d’un naturel plus que confondant.

Bien sûr, si l'on enlève l’histoire lesbienne, le film ne se démarque pas beaucoup des autres productions du genre, d’autant que la forme est ici d’un classicisme revendiqué, mais c’est justement ce regard féminin qui en est la sève. Cela, et les flash-back, comme autant d’instantanés d’une époque et d’une culture que l’on connait souvent trop peu. Entre manifeste punk édulcoré et touchante histoire d’amour mature, ce deuxième film laisse à penser que Virginie Despentes a encore des choses à dire, et de belle manière. Même si l’on sent que sous la douceur, la rage d’un "Baise-moi" ne demande parfois qu’à se libérer…

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

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