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BUMBLEBEE

Un film de Travis Knight

Un simple produit dérivé

1987, Californie, en bord de mer. Dans une casse pour voitures, l'adolescente Charlie, qui ne se remet pas de la mort de son père, fait l’acquisition d'un voiture jaune. Mais une fois chez elle, celle-ci se transforme en un Autobot, créature de métal venue de l'espace, qu'elle baptise Bumblebee (le bourdon). Privé de parole lors d'une bataille sur sa planète, celui-ci tente de communiquer avec elle via des chansons que véhicule son auto-radio...

Si l’on avait été plutôt agréablement surpris par le premier "Transformers", alliant humour ciblé adolescent et action bourrée d’effets spéciaux, le plaisir était loin d’être au rendez-vous une fois les créatures et leur guerre fratricide découverte (Autobots résistants contre méchants Decepticons). Il faut dire que les épisodes suivants étaient avant tout l’occasion d’une montée en puissance niveau effets spéciaux et complexité des créatures à combattre. Voici donc que la franchise Transformers aujourd’hui droit à son premier Spin Off, comme ce fut le cas pour "Harry Potter" avec "Les animaux fantastiques", ou pour de nombreux personnages de l’univers Marvel (les "X-men", les "Avengers"…).

Si cet épisode, dont l’action se situe en 1987, lorgne plus du côté des origines de la saga, à la fois au niveau de l’humour, mais aussi parce qu’il assume une certaine nostalgie liée à des films de l’époque, flirtant avec le fantastique. Il s’agit notamment de ces films où des adolescents étaient confrontés à des situations les dépassant - on pense notamment à "War Games" ou à "E.T.". Une sensation renforcée lorsqu’en plus le film fait appel à de nombreux tubes des années 80 (Take on me de Aha, Dont’you forget about me des Simple minds…) tout en faisant des clins d’œils répétés à des films sur l’affirmation de soi, tel le fameux "Breakfast Club" de John Hughes.

Malheureusement, avec un scénario relativement basique et désespérément linéaire, l’aventure s’avère sans réelle surprise. Et comme chacun sait comment commence le premier "Transformers", tout spectateur se doutera de la fin, pour le robot comme pour la jeune fille. Et même le parallèle évident entre l’évolution de l’adolescente et celle du robot vers un état adulte, ne parviennent à maintenir l’intérêt sur les deux heures du long métrage. Restent donc les scènes d’actions, plutôt efficaces, bénéficiant d’un évident effort pour rester lisibles, malgré l’immersion au cœur des combats et les pirouettes niveaux angles de vue. Le résultat : un nouveau produit dérivé, formaté à souhait et sans beaucoup de saveur, mais teinté d’un rien de nostalgie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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