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LES BRIGADES DU TIGRE

Un film de Jérôme Cornuau

Une belle épopée à la française…

1907. Une vague de crimes sans précédent ensanglante la « Belle Epoque ». Face aux bandits d’un nouveau siècle, le Ministre de l’Intérieur, Georges Clemenceau, crée une force de police à leur mesure : les Brigades Mobiles. Dès 1912, la France entière les connaît sous un autre nom : Les Brigades du Tigre…

En ce début de 20e siècle, les gangsters et les hors la loi en tous genres n’ont qu’à bien se tenir : une nouvelle équipe de justiciers a fait son apparition : Les Brigades du Tigre ! A travers un générique informatif, malin mais pas innovant, chaque personnage enfile son costume et dévoile un trait de son caractère. Il y a Clovis Cornillac, le commissaire Valentin, sorte d’Eliott Ness de cette bande d’incorruptibles, droit et dévoué à sa tâche ; Edouard Baer, l’inspecteur Pujol, le dandy, fine larme et charmeur ; et Olivier Gourmet, l’inspecteur Terrasson, le boute-en-train qui arrive plus facilement à ses fins grâce à ses poings qu’à son esprit ! Ces trois mousquetaires se voient affublés d’une jeune recrue, Stefano Accorsi alias Achille Bianci, dont les débuts au sein de la Brigade l’amèneront sur une enquête dont le retentissement dépassera la simple ville de Paris, et même notre pays, la France…

Jérôme Cornuau livre un film au-delà de nos espérances, mais en deçà de nos attentes. En effet, après Bouge et Folle d’elle, ses deux précédents longs-très-longs-métrages, ce premier volet des Brigades du Tigre (le numéro deux est déjà en train d’être couché sur le papier) réussi assez habilement à entremêler récit historique et romance à l’eau de rose. La formule du grand film romanesque made in France atteint son but tant le rythme tient en haleine le spectateur de bout en bout. La reconstitution historique n’est pas traitée à la légère (notamment au travers des décors), contrairement à celle des faits où de nombreuses libertés ont été prises pour les besoins du rythme du film. Mais cela donne un crédit supplémentaire au spectacle qui ne renie pas ses attaches au pur film d’action, mais s‘éloigne de la série télé d‘origine. Cornuau se permet, enfin, quelques plans d’une grande beauté, comme le départ de Constance, interprétée par Diane Kruger, lors de l’assaut contre Bonno, joué lui par Jacques Gamblin, où la caméra filme une ombre noire, en deuil, s’éloignant du lieu de massacre de son amant, ce de façon nonchalante.

Le casting compose ainsi une belle affiche. Le trio de tête est mené tambour battant par un Clovis Cornillac très en forme. Olivier Gourmet, avec son fort accent et sa personnalité très humaine est parfait dans ce film d’un genre où l’on n’a peu l’habitude de le voir. Stefano Accorsi est impeccable en jeune loup. Jacques Gamblin tire son épingle du jeu en chef de gang tout en nuances. Et Edouard Baer s’efface un peu derrière eux, dévoilant une facette plus fleur bleue, jusque là inconnue. Enfin, autour de tous ces hommes, une femme, mais pas n’importe laquelle, Diane Kruger à qui le réalisateur donne la part belle (et il aurait bien tort de s’en - et de nous en - priver, tant elle ne laisse pas indifférent), en lui permettant d’osciller entre son fort caractère et son incroyable douceur.

Rendez-vous donc est pris, pour un nouvel épisode des Brigades du Tigre qu’on espèrera d’une même trempe, mais avec encore plus de spectacle et de romantisme, pour en faire cette fois un film parfait, ou presque.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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