Parce qu'on en a jamais assez !

BLACKBIRD

Paranoïa généralisée

Sean s'habille en noir et n'a pas beaucoup d'amis. Connu comme l'un des gothiques de son établissement, il aime à discuter sur internet avec Deanna, une fille qui lui plaît, mais qui a pour petit ami l'un des garçons de l'équipe de football. Ces garçons qui justement aiment à l'humilier en public, en lui jetant de la bouffe dessus à la cantine ou en le bousculant dans les couloirs. Un beau jour, la police débarque chez lui, trouvant les armes que son père ne possède pas toutes légalement. Sur la base d'un blog qu'il a ouvert et des histoires qu'il a écrites pour « coucher sa colère sur le papier », il est accusé d'avoir menacé des membres de la communauté et de préparer une tuerie dans son lycée, et envoyé dans un centre de détention juvénile...

Derrière le scénario de "Blackbird", on peut voir un film politique qui prend clairement position contre les lois liberticides, ou les zones de non-droit (on pense forcément à Guantanamo) qui permettent de baser des accusations uniquement sur des soupçons. Poussant dans ce cas le bouchon assez loin, puisque le personnage est accusé de fomenter une tuerie, uniquement sur la base des écrits exutoires qu'il a eu l'imprudence de partager, le scénario s'attache à montrer l'absurdité d'un système pénal dans lequel il vaut mieux plaider coupable pour des faits qu'on n'a pas commis, que d'affronter la machine judiciaire, et surtout carcérale.

Car le danger devient réel lorsque s'enclenche la machine, et lorsque le personnage est confronté à d'autres adolescents qui eux ont commis quelques méfaits. Suivant au plus près un personnage au calme presque inhabituel, forcément suspect, la mise en scène met en lumière le jeu subtil et juste du jeune Connor Jessup, lunaire, et offre aussi quelques belles scènes au personnage du père (Michael Buie), dépassé par les événements, et de la fille inaccessible (Alexia Fast), compatissante. Entre adultes flippés à l'extérieur, et adolescents violents à l'intérieur du centre de détention, Sean joue sa peau et tente de devenir responsable. Un beau manifeste, venu du Canada, contre la persécution des gens un peu différents.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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