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THE BIG YEAR

Un film de David Frankel

Un pitch délirant pour une comédie bancale

Trois hommes que tout sépare décident de quitter leur quotidien pour s’adonner à leur passion : l’ornithologie. Ils se lancent dans l’aventure du « Big Year », un concours consistant à observer le plus d’espèces d’oiseaux possible en Amérique au cours d’une année. Mais en plus de rencontrer les volatiles, les trois protagonistes vont devoir faire face à de nombreuses situations cocasses...

S’il nous est un jour demandé de dénicher le scénario le plus improbable dont on ait eu écho, il est fort à parier que celui de "The big year" fasse partie de notre top. Une compétition ornithologique… il fallait tout de même y penser ! S’emparant de ce pitch peu glamour, David Frankel (« Le Diable s’habille en Prada ») poursuit sa collaboration avec Owen Wilson après la comédie canine « Marley et Moi » au travers de ce projet racontant l’histoire de trois hommes, aux vies bien différentes, qui aspirent tous à devenir le meilleur ornithologue du monde. Pour cela, les différents participants se lancent à la quête d’oiseaux rares à travers tout le pays, délaissant ainsi leur quotidien pour multiplier les voyages.

Malheureusement, le metteur en scène ne tire absolument rien de ce postulat saugrenu, se contentant d’assister au show comme un simple spectateur. Pire, Frankel, brouillon, ne semble maîtriser ni sa caméra ni son récit, plongeant le métrage dans une apparente pagaille, bien trop sage pour créer un quelconque effet comique. On va alors assister à une accumulation de clichés et de lapalissades (quitter sa vie pendant un an peut créer des problèmes de couple ou encore, les ornithologues ne font pas rêver les filles).

Après le choc de ces révélations, le spectateur doit encore endurer la lourdeur des personnages, des quiproquos ridicules ou les tentatives d’humour tuées dans l’œuf (d’oiseau). Face à ce spectacle affligeant, on souffre, on se demande pourquoi, et on se dit que ce genre de films devrait être prévu pour la période post-apocalyptique du 21 Décembre 2012 pour achever les survivants. Mais braves et valeureux, nous résistons pour tenir jusqu’au bout, se contentant alors des magnifiques paysages offerts. Et en plus d’être subjugués par cette beauté sauvage, on assiste, bouche-bée, à l’émergence d’une certaine émotion à laquelle on ne croyait plus, grâce à l’amitié sincère qui se noue entre le personnage de Jack Black et celui de Steve Martin.

Si la consolation est bien maigre, cette relation entre un éternel adolescent et son père de substitution attendrit, d’autant plus dans la deuxième partie où est traitée la question des liens familiaux. Mais les parallèles entre la compétition et le quotidien délaissé des participants entraînent le métrage sur un faux rythme, aux effets les plus douteux. Si qualifier ce long métrage de comédie relève de l’ironie, il a au moins le mérite de nous apprendre un grand nombre de noms d’oiseaux et de nous rappeler aux bons souvenirs d’« Ushuaia Nature »… Nicolas Hulot, I miss you !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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