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BELLE

Un film de
Avec

Honnête reconstitution

Ayant découvert peu à peu l'incroyable destinée de Dido Elizabeth Belle, dont le film retrace l'histoire, suite à la vision d'un tableau la représentant auprès de sa cousine Lady Elizabeth Murray, la scénariste Misan Sagay a décidé de la mettre également volontairement au cœur de l'Histoire, avec un grand « H », au sens des débats sur l'esclavage et la considération des gens « de couleur » en Angleterre.

Bien lui en a pris, puisque cette fresque d'abord familiale resterait globalement assez classique et ennuyeuse, si elle se maintenait dans les sillons bien tracés de la bienséance entre courtisant et courtisé, et des tractations entre familles nobles pour assurer la position sociale de leurs rejetons. Les enjeux autour de la race de la jeune fille devenue jeune femme, condamnée à manger à part pour ne pas déranger les us et coutumes, restent en effet bien superficiels (ah la fameuse agression par le frère ainé de celui qui voudrait l'épouser) et ne prennent de l'ampleur que tardivement, quand entre en jeu l'affaire de cargaison d'esclaves mises en délibéré par le juge.

Bien entendu on ne saurait rien reproché au casting, l'actrice principale, Gugu Mbatha-Raw assure ce qu'il faut, mais ce sont surtout les aînés qui donnent un peu de relief aux dialogues : Tom Wilkinson en juge renfrogné, Emily Watson en femme obéissante mais manipulatrice, et Miranda Richardson, en calculatrice sans scrupules. Cela permet tout au moins à "Belle" de rentrer la catégorie des films d'époques à la reconstitution honnête.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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