Parce qu'on en a jamais assez !

BEFORE SUNSET

Douloureuses retrouvailles pour un film simple et bouleversant

Jesse (Ethan Hawke) a écrit un roman basé sur sa rencontre avec Céline (Julie Delpy), et l'unique nuit qu'ils ont passé ensemble, il y a neuf ans, à Vienne. Venu des Etats-Unis pour la promotion de son livre, il donne une lecture dans une librairie spécialisée, à Paris. Dans l'arrière salle, Céline assiste à la présentation et à la séance de dédicaces…

En 1994, Ethan Hawke, fraîchement découvert dans le Cercle des poètes disparus, et Julie Delpy, surfant sur le succès des Trois Couleurs de Kieslowski, se rencontraient et se découvraient dans Vienne, pour finalement se séparer au levé du jour. C'était Before Sunrise, où la promesse était faite de se revoir six mois plus tard à Prague, pour décider d'une éventuelle histoire commune. Before Sunset débute donc dans le souvenir lumineux de cette soirée autrichienne et dans l'ombre du traumatisme d'un voyage à Prague, qu'aucun des deux ne veut avouer avoir entrepris ou même voulu faire. Dès lors, l'ensemble du film repose sur cette opposition entre joie et tristesse, désir et peur, élans et rétractations. Comme lors de cette superbe scène, où chacun leur tour, ils hésitent et manquent de caresser les cheveux de l'une ou la joue de l'autre.

Before Sunset est avant tout un film de dialogue ou plutôt de dialogues. Ceux-ci sont incessants, comme pour rattraper le temps perdu entre les deux personnages, ou montrer la nécessaire connection entre ces deux êtres. Alors que le décollage d'avion joue les heures buttoir, le réalisateur (du premier comme du deuxième épisode), nous entraîne dans de longs travellings, à la découverte de quelques rues ou jardins suspendus de Paris, qui s'effacent derrière l'enjeu de vie qui ressurgit ici au-delà des nouvelles que se donnent les personnages, au-delà des routines qu'ils s'exposent.

Et l'on est bouleversé de les sentir si proches, face à tant d'actes manqués (ils ont vécu tous les deux à) New York au même moment sans jamais se croiser…), face à leurs désirs enterrés et soudain exhumés. Le plan séquence de 8 minutes dans le taxi offre un magnifique point culminant à leur montagne de regrets, et à Julie Delpy une scène déchirante. Un film bouleversant, qui fait croire au grand amour, et surtout à l'existence de l'âme sœur, et à sa fugacité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire