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BASHING

Avec Fusako Urabe...

La réaction de la meute

Une jeune femme, revenue d’Irak après y avoir été otage, est peu à peu mise au banc de la société nipponne

Autant le dire d’emblée, Bashing est un film peu accessible car faisant appel à des références culturelles orientales lointaines des nôtres. Mais c’est aussi ce qui en fait tout l’intérêt. Car le film montre comment les membres d’une nation, le Japon, considèrent qu’un otage n’est pas autre chose qu’un sujet d’embarras pour le gouvernement, et donc de honte. Le réalisateur sert assez bien son propos en se concentrant sur les déboires d’une ancienne prisonnière, partie aider les civils subissant la guerre, en intégrant une ONG, et non sur un ensemble d’ex otages. On suit ainsi l’émiettement d’une vie, soumise à harcèlement téléphonique constant, et à une culpabilisation permanente, dans les magasins où l’on refuse de lui vendre à manger, comme dans la rue, où elle fait l’objet de vols et de violences physiques à peine masquées.

Mais ce sont aussi les conséquences sur l’entourage qui intéressent le conteur, avec le licenciement du père, et plus généralement des membres d’une famille, qui ne parvient plus à soutenir leur enfant, malgré une bonne volonté affichée. Ces comportements semblent symptomatique d’une société où l’individu sert la structure commune, et est sensé avoir une haute conscience de ses devoirs envers sa nation. Venir en aide à un autre peuple n’en fait vraisemblablement pas partie, le film le montre bien. Malheureusement, d’un point de vue formel, Bashing n’a pas grand chose de captivant ou d’original, usant principalement de longs plans fixes pesants, où l’actrice principale peu parfois donner de la voix de manière convaincante.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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