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BABYFOOT

Petits joueurs

Adolescent, le timide et maladroit Amadeo était un véritable crack au baby-foot. Peu adepte des compétitions, il réussit finalement à humilier le prétentieux Flash, par une écrasante victoire. Des années plus tard, celui-ci revient au village, en vedette de football, et annonce qu'il va y construire le plus grand stade jamais réalisé...

S'ouvrant sur une scène parodique de "2001, l'Odyssée de l'espace", où l'on voit des hommes des cavernes, visiblement encore très proches du singe, découvrir les rudiments du plus célèbre jeu de ballon, ceci en shootant dans un crane de squelette, "Babyfoot" semble donner le ton, entre critique des excès du système footballistique et ode à un sport populaire, presque instinctif. La suite est amenée de manière assez abrupte, par un prologue dans lequel un père raconte à son fils l'histoire d'un homme (qui pourrait bien être lui), d'un village (qui pourrait bien être le sien) et d'une équipe de joueurs de taille réduite (qui pourraient bien ne pas être que des jouets...). Mais une fois le flash-back lancé, ces deux temps (l'adolescence réservée, puis la vie de jeune adulte) fonctionnent plutôt bien, entre passage à l'âge adulte et tentative de sauvetage de la fille aimée et d'un village un rien cliché.

Plutôt que de se passionner pour un récit de vengeance relativement balisé, le spectateur s'amusera de la découverte de cette petite équipe, dispersée aux quatre vents dès le début (lorsque le méchant détruit le café dans lequel se trouve le baby-foot) et que chacun cherche à reconstituer pour des motifs différents. Les caractères bien trempés de ces joueurs sur table (prétentieux, ambitieux, artistes à leurs heures...), entre lesquels se jouent des relations de rivalité et de fraternité, rappellerons certainement dans chaque pays, des figures du football national. Du coup, le récit fonctionne, entre prouesse technique aidée par un travail en 3D (les parties initiales de baby-foot sont assez impressionnantes de virtuosité) et humour proche de caricature. Un dessin animé argentin, par le réalisateur de "Dans ses yeux" (Oscar du meilleu film étranger en 2010), à découvrir avec des yeux innocents ou railleurs, selon que vous aimiez ou détestiez ce sport.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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