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L'AUTRE MONDE

Un film de Gilles Marchand

CONTRE: Niveau -1 – Le mauvais coté du miroir

Gaspard et Marion, sa copine, trouvent un téléphone portable. Ils y reçoivent un message mentionnant un jeu vidéo on-line, Black Hole, ainsi qu'une rencontre entre deux personnes. Curieux, ils vont décider de suivre ce couple et tomber sur … une jeune fille aussi belle que mystérieuse...

Ce n’est pas tant le fait de vouloir traiter, entre autre, d’un sujet bien d’actualité (les jeux vidéo on-line) sans le comprendre et le maitriser, mais un manque cruel d’ambition, d’identité et d’écriture qui fait de cet « autre monde » un film complètement plat et bancal.

En partant d’une scène qui aurait pu donner suite à un thriller tout à fait correct (deux jeunes trouvent un portable qui ne leur appartient pas et décident de répondre), Gilles Marchand est capable d’accoucher d’un film qui va d’une part vous plonger dans un autre monde, celui de l’ennui, et surtout, de rajouter une arme de premier choix pour tous les détracteurs partant en croisade contre les jeux vidéo et leurs soi-disant dangers. Car les problèmes que rencontrent nos héros dans le film ne sont pas dûs au jeu, celui-ci ne sont qu’un moyen comme un autre de les amener, mais l’assimilation jeu/internet/danger est bien facile, en raison de la lourdeur de la mise en scène s'ingéniant à faire passer ce média pour une drogue, voire comme une arme.

Les scènes de la vie réelle bénéficient d’une réalisation digne d’un téléfilm, le dernier tiers nous emmenant vers un pseudo twist sans saveur, tellement il est prévisible et surtout amené avec un manque d’envie et d’originalité inquiétant (un champ/contre-champ entre les deux protagonistes par écran interposé, c’est tout ? c’est une blague ?). Les scènes du monde virtuel sont d’une laideur incroyable et complètement à côté de la plaque de ce que peut être un jeu vidéo on-line, qui reste apparemment traité sans connaître le sujet. Gilles Marchand n’a certainement pas beaucoup d’heures de jeu à son actif et ne sait véritablement pas de quoi il parle. C’est un comble, car comme un comédien effectuant des recherches sur son rôle, lui, aurait du en faire sur son sujet.

Un des seuls aspects positifs du film reste le quatuor de comédiens principaux. Ils trouvent tous bien leur rôle et, malgré le fait qu’ils souffrent d’une direction d’acteurs catastrophique, ils arrivent à créer des personnages réalistes et touchants, particulièrement Grégoire Leprince-Ringuet (vu le même jour à Cannes dans le très bon « La Princesse de Montpensier » de Bertrand tavernier) et la magnifique Louise Bourgoin, parfaite dans son rôle de fille mystérieuse.

Vous pouvez facilement passer votre chemin, car le seul monde vers lequel « L’autre monde » risque de vous emmener, c’est celui du silence.

Anthony MARDONEnvoyer un message au rédacteur

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