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AU ROYAUME DES SINGES

Un film de Mark Linfield

Une jolie histoire de castes

Au Sri Lanka, pays d'Asie du sud-est, certains temples ont vu la nature reprendre le dessus. La troupe de macaques à toque menée par Raja vit sur un rocher qui domine des ruines. Son fonctionnement est très hiérarchisé et la jeune Maya, 8 ans, en fait les frais, obligée de grelotter à l'ombre ou de manger toujours en dernier. Mais les choses pourraient bien changer, avec l'arrivée de Kumar, un jeune mâle extérieur...

Disney nature continue de nous faire connaître des espèces sauvages, grâce à des projets toujours aussi ambitieux, permettant d'approcher les animaux dans leurs habitats naturels. Après "Les ailes pourpres", "Félins", "Grizzly" et "Chimpanzés", voici que ce sont les macaques à toque qui sont ici observés. Après une introduction minutieuse décrivant la composition de la troupe et sa hiérarchie sociale bien définie, c'est autour d'une des femelles située au bas de l'échelle sociale que va se structurer le récit.

Mais il s'agit là seulement d'un prétexte pour aborder les rapports internes à la troupe (le rôle du leader, l'existence de privilégiés toujours servis avant les autres, l'éducation des petits qui comprennent très vite quel est leur statut...) mais aussi avec les autres groupes ou espèces. Si les batailles avec une troupe adverse ne sont pas des plus lisibles (il faut dire que la configuration des lieux n'a pas aidé au montage, forcément complexe dans ces moments), la surprise est au rendez-vous lors des rencontres avec les ours, les varans, ou les langurs, lointains cousins au visage noir.

Souvent porté sur la contemplation, le récit d'aventure tente par moment d'adopter un ton humoristique avec une réussite qui s'avère inégale. Si l'arrivée du mâle extérieur (Kumar, aka le « jeune prince ») est accompagnée d'une chanson trop signifiante, magnifiant son rôle de futur prétendant de Maya, les scènes de vol dans un marché de la ville, en forme de vraie razzia, sont accompagnées d'une très adéquate musique façon film d'espionnage. Lentement, le message sur la menace liée à la présence envahissante de l'homme se fait jour, alors que le documentaire réussit à conclure honorablement son histoire (non sans une chanson pop à la Disney Channel...). Le spectateur ressortira de là avec en tête quelques visages attachants de créatures débrouillardes au mode de vie pas si lointain du sien.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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