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L'ANNIVERSAIRE

Un film de Diane Kurys

Second avis: Décevant, mais des thèmes propices à la réflexion

Dans les années 80, Raphaël (Lambert Wilson) n’existait pas sans sa bande de potes, avec laquelle ils menait le combat des radios libres. Aujourd’hui, devenu l’un des plus gros producteurs de télé-réalité, il a rangé au placard ses idéaux d’antan. A l’occasion de son anniversaire, il réunit ses anciens camarades et tente de réparer les blessures du passé. Mais les vieilles rancœurs refont surface…

Oui, L’anniversaire est un film presque manqué. Décevant à de nombreux niveaux, il faut cependant lui concéder quelques qualités.

La première déception vient réellement du film en lui-même. On est quelque peu trompés sur la marchandise quant à cette « comédie » où finalement, on ne ri que très peu. De même, il est à déplorer qu’avec une telle pléiade d’acteurs de qualité, Diane Kurys ne parvienne pas à en tirer le meilleur. Certes, Lambert Wilson est parfait dans ce rôle de magnat à qui tout réussi, certes Zoé Félix passe très bien à la caméra et à une fort jolie poitrine, mais que dire d’Anglade, Palmade, Laroque et consorts ? Leurs rôles semblent les réduire à un carcan beaucoup trop rigide pour des acteurs de cette qualité.

Pourquoi un second avis me direz-vous donc ?

Parce que la qualité de ce film ne réside finalement pas dans le film en lui-même, mais dans le travail qui se fait dans la tête du spectateur au fil de l’histoire. Qui n’a pas eu une bande de copains avec qui il partageait tout à une époque et qui s’est finalement séparée ? Qui n’a pas des idéaux qu’il faut vivre, ou au contraire renier en fonction de ses choix personnels et professionnels… Chacun se reconnaîtra dans ces personnages, ou au contraire commencera à se poser des questions sur son avenir. Moi, le petit étudiant, que vont devenir mes idéaux après 20 ans de choix, de compromissions…

Surtout, L’anniversaire touche toutes les générations. Les soixante-huitards se rappelleront sûrement le soulagement (ou l’inquiétude) qu’a représenté l’arrivée de la gauche mitterrandienne au pouvoir en 81. Ceux qui, comme nos héros, avaient 20 ans en 81, ne seront pas sans faire une petite introspection sur ce qu’eux même, ont fait dans les mêmes circonstances (que reste-t-il des radios libres ?) et enfin, les plus jeunes ne manqueront pas de tirer des leçons des erreurs de leurs aînés pour éviter de vivre à leur tour un week-end pourri chez Marjolaine…

Bref, un film décevant effectivement, mais parce que ces questions auraient mérité un bien meilleur traitement.

Rémy MargageEnvoyer un message au rédacteur

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