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ANGELICA

Un film de
Avec

Le récit fantastique d'une frustration sexuelle

« Angelica », œuvre aux qualités esthétiques indéniables, s'ouvre par un magnifique générique : le tirage d'une série de portraits à l'ancienne, accompagnés de flashs dégageant un nuage de fumée, et sur lesquels apparaissent au développement, en arrière plan, le fantôme d'un proche disparu. Un rien macabre, cette introduction est suivie par la rencontre avec Angelica, dont la mère, Constance, sur son supposé lit de mort, tente de lui raconter l'histoire de son père, disparu, de façon à libérer sa conscience.

Constitué d'un long flash-back sur la jeunesse de cette femme, le film est un conte élégant, sensuel et perturbant, qui allie costumes d'époque et effets spéciaux surprenants. Faisant contraster à merveille les mœurs restrictives de l'époque victorienne (la fin du XIXe siècle) avec la liberté sexuelle du couple, puis ce qui s'apparente à l'hystérie de la femme, « Angelica » fait d'abord preuve d'un certain second degré vis-à-vis des choses du sexe, avant que le scénario ne vire au fantastique, pour mieux traduire les tourments du personnage, réprimant ses pulsions.

C'est ainsi que Lichtenstein, auteur du remarqué « Teeth » (déjà une histoire de vagin, avec des dents celui-ci) représente les angoisses, les fantasmes et les frustrations du personnage. Le désir devient ainsi démon qui rode autour de la famille, puis créature formée de microbes. L'attirance prend donc corps, alors que la morale tente de la repousser. Et au final « Angelica », porté par une Jena Malone habitée, s'avère une œuvre étrange mais d'une réelle beauté.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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