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ANGE ET GABRIELLE

L’Ange Gabriel n’aurait pas donné sa bénédiction à ce film…

Claire est enceinte à 17 ans. Sa mère compte bien mettre devant ses responsabilités le père de l’adolescent qui a osé mettre en cloque sa fille et qui refuse aujourd’hui d’assumer. Sauf qu’Ange, le paternel en question, n’a lui-même jamais reconnu son propre fils…

À l’origine, il y avait une pièce de Murielle Magella, "L'Éveil du chameau", que sa bonne copine Anne Giafferi a décidé de transposer sur grand écran. Si le vaudeville tournait essentiellement autour d’une romance entre deux êtres que tout oppose, la version cinéma traitera en plus du thème de la paternité. Mais il sera également question de la reproduction d’un schéma familial, comme si le parcours de ses parents était le chemin inéluctable pour les progénitures. Plus proche de ressorts scénaristiques archétypaux que de la sociologie de Bourdieu, ce postulat de départ permet la rencontre entre les deux futurs tourtereaux du métrage, ceux-là même qui donnent le titre au film.

Gabrielle a fait un bébé toute seule comme aurait pu le souffler Jean-Jacques Goldman tandis qu’Ange n’a jamais reconnu son propre enfant. Alors quand la fille de la première est enceinte du fils du second qui refuse d’assumer les conséquences, forcément la rencontre entre les parents promettait d’être explosive. Vaguement inspirée de la dramaturgie des romcoms américaines, cette comédie rose bonbon est surtout l’affirmation d’une absence totale d’originalité, des situations évoquées à la caractérisation des protagonistes.

Ainsi, comme attendu, Patrick Bruel sera un séducteur dont le cœur de pierre fondera progressivement devant la belle Isabelle Carré, dont la personnalité gentiment loufoque et gracieusement maladroite est une nouvelle fois la seule dimension exploitée de son personnage. Au-delà des clichés véhiculés, là où le bât blesse, c’est que ceux-ci ne sont jamais mis au service de l’intrigue, le métrage se contentant d’être une succession nonchalante de saynètes terriblement banales. Avec une mise en scène absente et une direction de casting plus que discutable, rien ne peut sauver Anne Giafferi, à moins peut-être la durée relativement courte de ce cirque mielleux et pas loin d’être ridicule.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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