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LES AMOURS D'ASTRÉE ET CÉLADON

Un film de Éric Rohmer

Un certain charme

Parce que leurs familles ne s’entendent pas, Céladon et Astrée cachent leur amour aux yeux du monde. Lors d’une fête de village, Astrée surprend Céladon en compagnie d’une autre belle. Dès le lendemain, après l’avoir évité, elle lui fait promettre de ne plus la voir…

Sorte le conte vielliot, chanson de geste sur d'improbables celtes ou gaulois, le nouveau Rohmer est une vision annoncée d'un peuple du 5ème siècle, par une bourgeoisie du 17ème siècle. Projetant sur eux des préoccupations intellectuelles et rafinées, le scénario en fait ainsi des gens passionnés, parressant à l'image d'une certaine noblesse, et aimant à disserter sur les choses de l'amour, la jalousie, la possession de l'autre, et surtout, coeur du film: la fidélité. Celle vouée à l'être unique, comme celle à la parole donnée. Etrangement, cela donne un conte à l'ambiance surréaliste qui distille un charme certain, malgré de nombreuses longueurs.

Situé dans une campagne bucolique, magnifiquement mise en image par le directeur de la photo, « Les amours d'Astrée et Céladon » ne donne jamais dans le réalisme et apparaît comme un film bavard et parfois futile. Si les personnages semblent bien se compliquer la vie, c'est certainement que nous vivons dans une époque plus pragmatique. Saluons la qualité de l'interprétation, de l'acteur principal, androgyne précieux peu enclin à la simplicité, comme du bout en train de service, locace libertin ou encore de de Cécile Cassel, qu'on a beaucoup de plaisir à retrouver en servante bien maline. On n'en dira malheureusement pas autant de l'actrice principale, au jeu bien peu convaincant, et qui à elle seule, pourrait bien gâcher le film aux plus persévérants.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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