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L'AMOUR AUX TEMPS DU CHOLERA

Un film de Mike Newell

Amour poids lourd

A la fin du XIXème siècle, en Colombie, Florentino, jeune télégraphe, s'éprend de Fermina, contre l'avis de père de celle-ci, vendeur de mulets. Toute sa vie, il n'aura de cesse de retrouver l'amour de celle-ci, forcée d'en épouser un autre...

Mike Newell nous avait habitué à des films bien plus légers. Variant les styles comme les univers, il nous a jusqu'alors donné le meilleur de la comédie (« 4 mariages et un enterrement »), du polar mafieux (« Donnie Brasco ») ou du conte pour enfants (« Harry Potter et la coupe de feu »). Son nouvel opus, adapté de Gabriel Garcia Marquez, « L'amour aux temps du Choléra » est plutôt à ranger du côté du « Sourire de Mona Lisa », l'humour en moins. Car malgré un casting hors paire, le réalisateur anglais ne réussit pas à faire croire un seul instant à ses personnages, excessifs dans leur passions comme leurs résignations, et voués à un vieillissement trop visible.

Sur plus de 2h10, cet interminable récit nous permet de prendre en pitié ce personnage interprété avec ferveur, mais sans aucune crédibilité par Javier Bardem, amoureux transi à la naïveté affligeante. Si l'on sent bien que le roman devait renfermer des trésors de sensualité et de sentiments exacerbés et contrariés, ils sont difficilement perceptibles à l'écran tant la caricature d'un monde hispanique semble présente. Ce qui est d'autant plus évident que le film a été tourné en anglais, alors que la majeure partie du casting est d'origine hispanique ou mexicaine. On s'étonne alors que l'actrice principale soit, elle, italienne. Il s'agit de Giovanna Mezzogiorno (« Juste un baiser »), qui est ici d'une froideur et d'une fadeur inexcusables.

On est donc dépité de bout en bout par cette histoire pourtant universelle d'amour contrarié, dont le faste des décors et de la reconstitution historique achève de nous écoeurés par leur inutilité. Car ici le Choléra, toile de fond comme dans le fameux « Hussard sur le toit » de Rappeneau, ne semble qu'un prétexte, utilisé avec parcimonie comme aliment d'un amour impossible. Chaque scène, théâtrale au possible, entre Bardem et sa mère, est absolument insupportable, et manque à chaque fois de faire sortir le spectateur de la salle tant le pathos dégouline à l'écran. Heureusement il y a la photographie, et surtout la musique, avec les chansons de notamment... Shakira, belles balades qui ne font pas tout.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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